Nos lauréats sélectionnés au Loto du patrimoine

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En septembre 2017, le Président de la République a confié une mission à Stéphane Bern : identifier les monuments français en péril et rechercher des solutions innovantes pour financer les travaux urgents. C’est ainsi que le Loto du patrimoine a vu le jour en 2018 en partenariat avec la Française des Jeux (FDJ). Pour l’an 2 du Loto du patrimoine, ce dernier a été reconduit avec pour objectif de reverser entre 25 et 30 M € à 121 sites en péril (contre 21 M€ à 269 projets en 2018).

Cette année, la FDJ a choisi la date symbolique du 14 juillet pour le tirage de son « Super Loto Mission Patrimoine » et, depuis le 2 septembre, deux nouveaux tickets à gratter sont commercialisés : le premier est vendu 15 € et le second 3 €, soit respectivement 1,52 € et 0,50 € reversés au patrimoine.

Le cru 2019

Pour cette seconde édition, 3 500 sites ont été signalés mais seuls 121 projets ont finalement été sélectionnés (ils étaient 269 lors de la première édition des jeux). La sélection comprend un site par département / collectivité d’outre-mer et un monument par région, dit « emblématique ». Les DRAC et certains partenaires – comme l’association La Demeure Historique – ont pu prendre part au processus de sélection. En 2019, le nombre d’édifices protégés au titre des monuments historiques figurant sur la liste est inférieur avec 57 % de monuments classés ou inscrits, contre 73 % en 2018. Par ailleurs, cinq monuments avaient déjà été identifiés par le passé par notre Fondation qui leur avait accordé des aides financières (cf. liste ci-après). Le cru 2019 fait preuve d’une belle diversité avec 34 % de monuments religieux, 16 % d’habitations, 13 % de châteaux, 12 % de bâtiments industriels, 2 % de parcs et jardins et 24 % d’autres typologies (bâtiments agricoles, archéologiques, maritimes, militaire, etc.).

Et l’accessibilité ?

La Fondation pour les Monuments Historiques propose qu’1% des fonds reversés grâce au Loto du patrimoine soit affecté annuellement au financement de travaux de mise en accessibilité de monuments et jardins historiques, de façon à renforcer le lien entre le patrimoine et ses publics. Il s’agirait d’encourager les travaux d’aménagement, d’achats d’équipements ou de supports pédagogiques ayant pour objectif de faciliter la visite aux personnes en situation de handicap (moteur, visuel, auditif ou intellectuel). Forte de son expérience en la matière depuis sa création, en 2008, la Fondation pour les Monuments Historiques pourrait légitimement piloter ce dispositif en identifiant les projets.

Des monuments identifiés et aidés par notre Fondation

Parmi les 121 sites sélectionnés, 5 ont bénéficié du soutien de la Fondation pour les Monuments Historiques :

En 2009, la Fondation pour les Monuments Historiques a attribué une aide de 15 000 € pour la restitution de l’acrotère et la rénovation du dernier étage des façades sud et ouest de la villa Casamaures. Dominant l’Isère et offrant un point de vue unique sur les montagnes du Vercors, la Casamaures est un palais de style néo-mauresque, entièrement en ciment moulé, édifié entre 1855 et 1867 par Joseph Julien Cochard. Ce palais, avec ses arabesques et ses colonnades rehaussées de bleu outremer, témoigne de l’engouement européen pour l’orientalisme au milieu du XIXe siècle et du savoir-faire des artisans mouleurs grenoblois.

Depuis 2015, la Fondation pour les Monuments Historiques a déjà remis trois prix aux propriétaires-gestionnaires du château de Caumont, dont le prix du Jeune Repreneur (15 000 €), grâce au mécénat de Patrice Besse et Dominique de la Fouchardière. En 2018, elle lui a également décerné le prix Sotheby’s (10 000 €) pour la restauration des peintures néogothiques du Salon Troubadour, ainsi que le prix French Heritage Society (15 000 $) pour la reprise structurelle de la galerie Renaissance du château.

Nichée au cœur d’un cirque grandiose, l’abbaye de Baume-les-Messieurs est un riche témoignage de l’architecture bénédictine de Franche-Comté. En 2013, la Fondation pour les Monuments Historiques a apporté son soutien à la municipalité de Baume-les-Messieurs pour la restauration du clocher de l’église abbatiale (5 000 €).

Construit entre 1246 et 1264 au sommet d’une étroite barre granitique, le château fort du Haut-Andlau présente un majestueux corps de logis flanqué de deux tours. Classée en 1926, la forteresse a fait l’objet de plusieurs campagnes de consolidation grâce à des chantiers-écoles. Après un diagnostic sanitaire ayant signalé une brèche dans le mur situé en contrebas de l’accès au château, des travaux de restauration ont été entrepris. En 2009, la Fondation pour les Monuments Historiques a apporté un soutien de 15 000 € pour cette restauration.

Fondée au XIIe siècle, l’abbaye bénédictine Sainte-Marie a connu de longues années de prospérité avant de fermer au XVIIIe siècle. Dès lors, le domaine est transformé en exploitation agricole. Il subsiste encore aujourd’hui les ruines du chœur et celles du bras nord du transept (XIIIe siècle), la maison abbatiale, le réfectoire des moines et ses décors peints en ocre rouge, les jardins et le potager, etc. En 2016, la Fondation pour les Monuments Historiques a apporté un soutien de 9 000 € pour un vaste projet de mise en accessibilité : créer un stationnement réservé aux personnes à mobilité réduites ; installer des sanitaires aux normes ; créer un plan incliné et une rampe d’accès pour le réfectoire des moines. En 2017, avec le mécénat de French Heritage Society, la Fondation a également attribué un prix de 8 500 $ pour la restauration de la couverture du chœur, programmée en 2020.

On retrouve également parmi les édifices « emblématiques » de cette seconde édition du Loto l’abbaye de Sénanque (Vaucluse). En 2019, cette abbaye a fait l’objet d’un partenariat entre la Fondation pour les Monuments Historiques et Dartagnans, plateforme de crowdfounding dédiée à la sauvegarde du patrimoine.

Lire l’article « L’abbaye de Sénanque quasi sauvée ».