Actualités de la Fondation

La réouverture tant attendue des monuments historiques

Dans le respect des consignes gouvernementales, les monuments, parcs et jardins historiques français rouvrent progressivement leurs portes en mettant en place les mesures sanitaires de circonstance : port du masque obligatoire, régulation des flux, marquage au sol, visites sur réservation, modes de paiement adaptés…

Nous vous proposons de découvrir deux monuments privés, anciennement lauréats d’un prix de la Fondation pour les Monuments Historiques, qui font aujourd’hui preuve de dextérité pour une réouverture au public responsable.

Le château de Cazeneuve (Gironde)

Surplombant les gorges du Ciron, l’ancienne forteresse de Cazeneuve (Gironde) subjugue les visiteurs par sa forme polygonale irrégulière et son parc de 40 hectares, classé Natura 2000. Chaque année, cette ancienne résidence royale accueille pas moins de 50 000 visiteurs. Pour ses propriétaires, le confinement a été l’occasion d’effectuer en famille certains travaux d’entretien qui avaient été mis de côté, faute de temps. Ils se sont ainsi lancés dans une vaste entreprise, celle de reprendre la peinture des 88 fenêtres du château.

Mais surtout, les propriétaires brûlaient d’impatience, durant toute cette période, de faire découvrir au public le grand projet qui les occupera pour les prochaines années, à savoir la restitution d’une des tours du château effondrée au XVIIIe siècle. En recréant cette tour, l’objectif est notamment de rendre accessible aux personnes à mobilité réduite le tour de ronde du château, en y dissimulant un ascenseur. Pour réaliser ces travaux, un investissement de 700 000 euros est nécessaire, dont 300 000 euros seront issus du mécénat. Ayant présenté leur candidature à l’Aide à projets Accessibilité, en 2019, la Fondation pour les Monuments Historiques a encouragé le projet en apportant un soutien de 5 000 €. La chaîne de télévision France 2 diffusera en septembre prochain un reportage pour mettre en lumière ce projet emblématique.

Suite à l’annonce gouvernementale autorisant la réouverture des musées et monuments, le château de Cazeneuve s’est organisé pour recevoir ses visiteurs dans les meilleures conditions et en toute sécurité, en mettant en place des mesures de régulation de fréquentation et de précautions sanitaires. C’est ainsi que, dès la fin du mois de mai, le château de Cazeneuve a pu rouvrir ses portes après avoir redéfini le parcours de visite pour limiter les croisements et les rassemblements. Les visites se font par groupe de maximum 10 personnes et le port du masque reste obligatoire. Le château est ouvert tous les jours, en après-midi, jusqu’en septembre.

Le château de Montépilloy (Oise)

Les propriétaires du château de Montépilloy (Oise) ont, quant à eux, décidé d’organiser des visites guidées uniquement le samedi et le dimanche. Édifié en 1150 et célèbre pour son donjon, partiellement détruit depuis la Guerre de Cent Ans, le château a ouvert la saison ce samedi 6 juin. Lauréats du Prix Dendrotech, en 2016, les propriétaires du château de Montépilloy ont bénéficié d’une analyse dendrochronologique (5 000 € en mécénat de compétence) pour dater les structures en bois du châtelet d’entrée.

Malgré le contexte difficile, les propriétaires sont toujours aussi déterminés et engagés pour faire revivre ce lieu. Aidés par l’association des Amis « Armorial », ils maintiennent le cap sur ces deux objectifs : d’une part, aménager les dépendances pour créer un lieu d’accueil et de vie ; d’autre part, sécuriser le château pour permettre l’accès au public. Des travaux d’urgence doivent en effet être réalisés sur les maçonneries de la grange, sur la toiture et sur le puits médiéval.

Toutes les mesures sanitaires que les propriétaires ont habilement adoptées sont présentées sur place au moyen de panneaux d’affichage. Entre autres, un écran de protection a été installé sur le comptoir de la billetterie, le sens de circulation a été repensé, les visiteurs et les bénévoles qui assurent les visites portent des masques et des lingettes nettoyantes et du gel hydroalcoolique sont à disposition de tous.

Avec les dispositions qui ont été prises, les propriétaires de Montépilloy espèrent que le monument pourra revenir à sa vocation première : être un lieu d’accueil pour tous, tout particulièrement pour les scolaires et les publics éloignés du champ culturel, afin d’éveiller en eux l’amour des vieilles pierres.

Pour en savoir plus :

  • Le ministère de la Culture a conçu un document d’ « aide à la reprise d’activité et à la réouverture au public des musées et monuments », sans valeur contraignante. Téléchargez le document ici.
  • La Demeure Historique a proposé un « plan de sécurité sanitaire Covid-19 » pour guider chaque propriétaire-gestionnaire de monuments historiques dans l’application et l’adaptation des mesures sanitaires à un site historique. Téléchargez le document ici.

L’Église Saint-Jean-Baptiste de La Couronne restaurée

Début mars, quelques jours à peine avant l’annonce des mesures de confinement, l’église Saint-Jean-Baptiste de La Couronne, en Charente, ouvrait pour la première fois ses portes au public après trois années de travaux. En 2017, la Fondation pour les Monuments Historiques avait attribué un soutien de 10 000 € pour sa restauration. 

Grâce à ce grand chantier, l’église réapparaît aux yeux de tous comme l’un des plus beaux témoignages de l’art roman angoumoisin.

Suivant un plan classique en croix latine, l’église Saint-Jean-Baptiste est construite vers l’an 1100. Elle présente une voûte en berceau avec une coupole à la croisée du transept. Sa particularité est son clocher conique, couvert de pierres taillées en forme d’écailles. Au XIXe siècle, l’édifice accueille des vitraux historiés sortis de l’atelier tourangeau Lobi ainsi qu’un décor peint dans l’abside, réalisé par la Société Saint-Grégoire de Tours. L’église est classée au titre des monuments historiques en 1903.

En 2018, une première phase de travaux a permis de reprendre le clocher, l’escalier, les croisillons et le chevet de l’église. La deuxième tranche de travaux, pour laquelle l’aide de notre Fondation a été demandée, s’est achevée en 2019. Les maçonneries de la nef ont été confortées et les toitures refaites en employant des lauzes, conformément à son état originel. La dernière étape de cette restauration a consisté à remettre en valeur l’intérieur de l’édifice et ses décors (peintures murales et vitraux).

Toujours affectée au culte, l’église Saint-Jean-Baptiste a pu réaccueillir ses paroissiens et pourra prochainement poursuivre sa vocation patrimoniale et culturelle en organisant à nouveau des visites guidées et des concerts.

Stéphane Bern, auditionné sur la sortie de crise

En septembre 2017, le président de la République a confié une mission à Stéphane Bern, celle d’identifier les monuments français en péril et de rechercher des solutions innovantes pour financer les travaux urgents. C’est ainsi que le Loto du patrimoine a vu le jour en 2018, en partenariat avec la Française des Jeux.

Auditionné par les sénateurs le 7 mai dernier, Stéphane Bern s’est exprimé sur la crise sanitaire que nous traversons et ses conséquences pour notre patrimoine, quand de nombreux chantiers de restauration ont dû être mis à l’arrêt et que la plupart des sites historiques restent fermés au public.

Relancer l’économie avec le patrimoine

À l’occasion de son audition par les délégations aux collectivités territoriales du Sénat, Stéphane Bern a insisté sur le rôle que le patrimoine doit avoir dans les prochains mois dans ce contexte de sortie de crise : « le patrimoine est un secteur essentiel pour relancer l’économie (…). Qu’il appartienne aux communes, comme les églises, ou aux propriétaires privés, il représente une chaîne de métiers et de savoir-faire. »

À ce jour, les Français sont toujours limités dans leurs déplacements puisqu’ils ne sont pas autorisés à se déplacer au-delà d’un périmètre de cent kilomètres autour de leur domicile. Toutefois, les acteurs du patrimoine espèrent pouvoir être en capacité d’accueillir des visiteurs pendant l’été. Le collectif devenu association Patrimoine 2.0 a d’ailleurs lancé un hashtag très repris sur les réseaux sociaux –  #CetÉtéJeVisiteLaFrance – pour inciter les français à pratiquer un tourisme local et à venir pousser les portes et les grilles de nos monuments et jardins historiques.

Une richesse collective

Ayant salué l’engagement et le dévouement de tous les bénévoles qui œuvrent au quotidien pour la préservation des sites et monuments historiques, Stéphane Bern a affirmé que « nous sommes tous individuellement et collectivement les dépositaires de ce patrimoine ». Il a aussi profité de cette audition pour rappeler que le Loto du patrimoine devait rester un levier supplémentaire pour la sauvegarde du patrimoine mais qu’en aucun cas, il ne devait se substituer aux aides de l’État. Stéphane Bern a enfin souligné le rôle prépondérant que joue le mécénat des entreprises et qu’il doit perdurer.

Nos lieux d’histoire sont trop souvent considérés, à tort selon Stéphane Bern, comme une charge. « Le patrimoine est un cadeau, c’est un investissement (…). On considère que c’est un luxe alors que ce n’est pas délocalisable », a-t-il déclaré avant de conclure : « notre patrimoine est une chance pour la France ».

Pour voir l’audition complète : https://www.publicsenat.fr/emission/les-matins-du-senat/audition-stephane-bern-aditionne-sur-sa-mission-liee-au-patrimoine

Portrait de Rémi Fromont, ACMH et bénéficiaire d’une bourse d’études

En 2013, la Fondation pour les Monuments Historiques avait accordé une bourse d’études (4 000 euros) à Rémi Fromont pour son travail de recherche sur les charpentes de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Aujourd’hui architecte en chef des monuments historiques (ACMH), Rémi Fromont participe au chantier de reconstruction de la cathédrale, incendiée le 15 avril 2019. Il œuvre sur ces travaux aux côtés de Philippe Villeneuve, architecte en chef de la cathédrale depuis 2013.

Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir le portrait de ce jeune architecte engagé dans un chantier hors du commun.

Rémi Fromont sur le chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
©A.C-R.

Un parcours

Pour Rémi Fromont, c’est une rencontre avec un architecte en chef des monuments historiques qui est à l’origine de sa passion pour l’architecture : « la forte impression que m’a laissée cette discussion a allumé une flamme, déclenché un intérêt, une passion, qui ne m’ont jamais quitté », admet-il plusieurs années plus tard.

Après avoir obtenu son baccalauréat, il intègre l’École d’Architecture de Paris-Belleville, d’où il sort diplômé en 2003. Après avoir travaillé au sein de plusieurs agences d’architecture, il crée sa propre agence en 2008, Ta Zoa Trekhei, devenue aujourd’hui Covalence Architectes.

Plusieurs années plus tard, il obtient le diplôme spécialisation et approfondissement (DSA) Architecture et patrimoine de l’École de Chaillot (promotion 2012-2014).

Un travail de recherche

En 2013, lorsque Rémi Fromont candidate à notre bourse d’études Recherche, il est à mi-parcours de sa formation à l’École de Chaillot. Dans sa lettre de motivation, il nous confiait que c’est au cours d’une visite de la cathédrale Notre-Dame, organisée par ses professeurs [Benjamin Mouton, ACMH ; Pierre Bortolussi, ACMH et Frédéric Martorello, architecte du Patrimoine, NDLR] qu’il apprend avec surprise que « les splendides charpentes de la cathédrale restent mal connues : on ne connaît pas avec précision les assemblages, les marquages, les réparations, ni leur état sanitaire actuel ».

C’est là que Rémi Fromont fait part à M. Mouton, alors architecte en chef de Notre-Dame, de son souhait d’effectuer des relevés et des études complémentaires sur la cathédrale.Ce dernier manifeste alors un « très vif intérêt pour le projet, mais aussi pour la contribution à la connaissance et à la conservation de la cathédrale que celui-ci représente », rapporte le jeune architecte.

Une bourse d’études

Le projet de Rémi Fromont consistait précisément à réaliser un relevé exhaustif des charpentes de la nef et du chœur de la cathédrale afin de repérer les marques d’assemblages, les réparations, les déformations et les éventuelles pathologies des pièces de bois. Ce travail devait permettre in fine de dresser un bilan sanitaire de la forêt de la cathédrale.

Le défi était de taille, car l’ouvrage est impressionnant : 100 mètres de longueur, une portée de 13 mètres pour 10 mètres de haut, sans oublier l’inclinaison à 55° de la pente du toit. L’enjeu était aussi de fédérer un grand nombre de compétences éparses, tirées des études archéologiques, historiques et dendrochronologiques et d’y ajouter le savoir-faire des Compagnons, grâce à Marcel Leport, qui a notamment rédigé la partie historique de l’Encyclopédie des Métiers sur la Charpente. L’analyse spatiale et constructive de la charpente devait être réalisée par Rémi Fromont lui-même.

Après avoir été sélectionné sur dossier et auditionné par un jury d’experts, la Fondation pour les Monuments Historiques lui a attribué en 2013 une bourse d’études de 4 000 euros pour l’accompagner dans ce projet d’envergure.

Dans sa lettre de motivation, un paragraphe sonne aujourd’hui comme une prophétie : « l’obtention de cette bourse me permettrait (…) de mener à bien un projet de recherche portant sur une œuvre universelle. L’étude des charpentes de la cathédrale Notre-Dame de Paris présente un réel intérêt scientifique et patrimonial. Les fonds de cette bourse serviront donc bien plus que mon seul intérêt personnel. »

Il y a sept ans, Rémi Fromont ne croyait pas si bien dire. Un an tout juste après l’incendie qui a ravagé une partie de la charpente, de la couverture et des voûtes de Notre-Dame, force est de constater qu’il avait vu juste.

« L’obtention de cette bourse me permettrait (…) de mener à bien un projet de recherche portant sur une œuvre universelle. L’étude des charpentes de la cathédrale Notre-Dame de Paris présente un réel intérêt scientifique et patrimonial. Les fonds de cette bourse serviront donc bien plus que mon seul intérêt personnel. »

Rémi Fromont en 2013

Un chantier hors-norme

Suite à l’incendie accidentel de la cathédrale Notre-Dame, survenu le 15 avril 2019, l’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté, le 30 juillet de la même année, une loi créant un établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministre de la culture, chargé d’assurer la conduite et la réalisation des études et des opérations de conservation et de restauration de la cathédrale. Rémi Fromont ayant achevé en 2014 son travail de recherche sur la charpente, il était tout naturel de faire appel à lui pour mener ce chantier.

Aujourd’hui, bras-droit de Philippe Villeneuve et désigné par ce dernier comme son « successeur », Rémi Fromont coordonne les travaux et l’équipe des sauveteurs de Notre-Dame. Les premiers mois qui ont suivi la catastrophe, l’enjeu a été de sécuriser et de consolider l’édifice afin de prévenir tout risque d’effondrement.

Dans le reportage Sauver Notre-Dame, diffusé le 14 avril sur la chaîne de télévision France 2, il nous est permis de pénétrer dans les coulisses de cet incroyable chantier. On y découvre de nombreux artisans travaillant sans relâche, souvent au péril de leur vie, pour consolider les arcs-boutants, dégager les voûtes, mettre à l’abri la statuaire… On y voit aussi Rémi Fromont se former auprès des cordistes pour pouvoir prendre de la hauteur et inspecter la forêt de plus près. L’architecte arrive aujourd’hui à identifier la majeure partie des morceaux de charpente qui ont pu être sauvés après l’incendie. « Je me restitue mentalement où c’était », reconnaît-il.

Avec les connaissances acquises grâce au travail de recherche entrepris par Rémi Fromont, il est aujourd’hui possible de restituer fidèlement la charpente de Notre-Dame. Dans le reportage, il confie avec humilité qu’il faut « transmettre tout ce qu’on a pu savoir, tout ce qu’on a pu voir, avant que, nous-mêmes, nous oublions ou bien que, nous-mêmes, nous disparaissions. L’idée, c’est de s’effacer ».

S’effacer devant l’œuvre à restaurer pour la transmettre aux générations suivantes, telle est la volonté de Rémi Fromont face à Notre-Dame.

Pour en savoir plus sur le chantier  : www.notre-dame-de-paris.culture.gouv.fr/fr

Prix 2020 : lancement de la 2ème session de candidatures

La Fondation pour les Monuments Historiques lance, ce mercredi 15 avril, la 2ème session de candidatures pour ses prix et soutiens 2020.

Les propriétaires de monuments et jardins historiques, publics et privés, peuvent dès à présent concourir au Prix Sotheby’s et au Prix Dendrotech.

Les appels à candidatures pour les bourses d’études en Métiers d’art et en Recherche sont également ouverts.

Prix Sotheby’s 2020

Montant : 20 000 €

Tous les deux ans, Sotheby’s France encourage la restauration d’un décor intérieur de qualité situé dans un monument historique (fresques, boiseries peintes, moulures, papiers peints, etc).

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater au Prix Sotheby’s 2020

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 juin 2020 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondationmh.fr

Prix Dendrotech 2020

Valeur du mécénat de compétence : 5 000 €

La société Dendrotech offre une analyse dendrochronologique d’une valeur de 5000 € permettant la datation d’un élément en bois situé dans un monument ou un jardin historique (charpente ou éléments structurels en bois, huisseries, arbre remarquable, etc). 

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater au Prix Dendrotech 2020

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 juin 2020 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondationmh.fr

Bourse d’études Métiers d’art de la restauration 2020-2021

avec le soutien du Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat

Cette bourse d’études a vocation à soutenir l’émergence de jeunes talents dans une grande variété de métiers de l’art et de spécialités de restauration (sculpture, peinture, dorure, taille de pierre, ébénisterie, ferronnerie…).

En plus de l’aide financière permettant à l’étudiant de poursuivre sereinement ses études et de faciliter la réalisation de son projet de restauration de fin de mastère, la bourse d’études favorise l’insertion professionnelle du futur diplômé en lui permettant de s’équiper en matériels et outils.

Consulter le règlement de la bourse ici.

Pour candidature à la bourse d’études Métiers d’art de la restauration 2020-2021

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 août 2020 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondationmh.fr

Bourse d’études Recherche 2020-2021

avec le soutien de la Compagnie des Architectes en Chef des Monuments Historiques

Cette bourse d’études a vocation à accompagner des doctorants dont le sujet de recherche peut aborder aussi bien l’histoire de l’architecture que les techniques de construction et de conservation des monuments historiques, ou encore la théorie, les principes fondateurs et les doctrines rattachées à la restauration du patrimoine, en France ou en comparaison avec l’étranger.

Au-delà du soutien financier apporté pour faciliter le travail du doctorant pendant la période de recherche et de rédaction de sa thèse, la bourse vise aussi à favoriser la diffusion des travaux de recherche une fois la thèse soutenue.

Consulter le règlement de la bourse ici.

Pour candidater à la bourse d’études Recherche 2020-2021

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 août 2020 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondationmh.fr

Modification du calendrier 2020

L’Aide à projets Accessibilité, le Grand Trophée des monuments historiques et le Prix du Jeune Repreneur – pour lesquels les appels à candidatures devaient initialement être lancés ce 15 avril – sont reportés à une date ultérieure.

Cette décision de report est motivée par le contexte incertain, lié à l’épidémie que nous traversons actuellement et à l’impact que celle-ci pourrait avoir sur la collecte annuelle de la Fondation pour les Monuments Historiques.

En effet, ne bénéficiant d’aucune subvention publique, une baisse importante des dons des particuliers cette année pourrait remettre en cause la capacité de la Fondation pour les Monuments Historiques à financer la totalité de ses prix et soutiens.

Nous vous remercions de votre compréhension et nous vous tiendrons informés dès que possible au sujet de ces trois prix. 

Information spéciale Covid-19

Les membres du conseil d’administration et les salariés de la Fondation pour les Monuments Historiques ont pris leurs mesures de confinement mais restent fidèles à leur poste.

Compte tenu de la situation actuelle et afin de respecter les mesures de restriction des déplacements prises par le gouvernement, nous vous informons que le siège de la Fondation pour les Monuments Historiques restera fermé jusqu’à nouvel ordre. Depuis le mardi 17 mars, le standard téléphonique ne peut donc plus être assuré. Nous vous remercions de votre compréhension.

Sachez que l’équipe de la Fondation demeure néanmoins active et mobilisée à distance. Vous pouvez nous contacter sur nos réseaux sociaux ou en envoyant un mail à contact@fondationmh.fr ⬅

Les appels à candidatures lancés dans le cadre de notre première session de prix – regroupant l’Aide à projets Restauration, le Prix French Heritage Society, le Prix François Sommer et le Prix Décors Sculptés – ont bien été clôturés le 15 mars à minuit. Nous informons tous les candidats que leurs dossiers seront bien traités mais que, eu égard à l’interdiction des regroupements, l’ensemble de nos réunions de jury est reporté.

Notre calendrier 2020, pour l’étude des dossiers et l’annonce des résultats, sera certainement affecté mais aucunement remis en cause. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés. 

Comme vous êtes nombreux à rester chez vous en ces temps difficiles et comme nous croyons avec ferveur que la culture, le patrimoine et le partage peuvent adoucir les périodes troubles, nous continuerons d’animer nos réseaux sociaux comme à notre habitude.

L’équipe de la Fondation pour les Monuments Historiques

Entretien avec Lou Challut, restauratrice

En 2016, la Fondation pour les Monuments Historiques a attribué une bourse d’études (2 000 €) à Lou Challut, alors élève à l’Ecole d’Avignon en formation de « Peintres en décor du patrimoine ». Ce soutien lui a permis de terminer sereinement ses études mais aussi de s’équiper en vue de son insertion professionnelle. Trois années après l’attribution de cette bourse, la jeune restauratrice a de quoi être fière de son parcours. Témoignage.

La Fondation pour les Monuments Historiques (FMH) : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre formation à l’école d’Avignon ?

Lou Challut (L. C.) : Mon intérêt pour l’art s’est développé au lycée, où j’ai eu la chance de suivre une option histoire de l’art pendant 3 ans. J’ai par la suite intégré une Mise à Niveau en Arts Appliqués (MNAA), à Lyon, puis j’ai poursuivi par un Deug d’histoire de l’art avant de m’inscrire en licence professionnelle « Conservation du patrimoine bâti ».

En parallèle de mes études, j’ai effectué des stages sur des chantiers de restauration du patrimoine. Les Ateliers de Chanteloube, au Puy-en-Velay, m’ont initié à la chaux et à ses diverses utilisations : mortier, enduit, badigeon, décor, fresque… Les chantiers bénévoles initiés par l’association Rempart m’ont permis de découvrir les métiers de restaurateur dans plusieurs disciplines : peinture murale, de sculpture en bois, de pierre, etc.

Après l’obtention de ma licence, j’ai réalisé un service civique de 6 mois dans une association de sauvegarde du patrimoine rural bâti en Provence. Ce travail davantage « administratif » ne me convenant pas, j’ai compris que j’étais faite pour le terrain et donc pour travailler sur des chantiers. J’ai alors cherché une formation qui me permettrait de travailler en alternance tout en continuant à me former aux métiers de restauration du patrimoine. J’ai pu intégrer le Conservatoire de la Chanterie, à Montferrand, pour me former et j’ai été embauchée en contrat de professionnalisation pour une durée de 18 mois par l’entreprise Tollis, basée sur Paris.

Après cette expérience professionnelle, j’ai décidé de me former à la peinture décorative afin d’améliorer mes compétences. Je souhaitais également apprendre les techniques et recettes traditionnelles du décor peint et l’Ecole d’Avignon*, qui privilégie les matériaux naturels et l’apprentissage des techniques ancestrales pour former les étudiants, m’apparaissait être la formation idéale pour cela. J’ai eu une chance exceptionnelle, cette école me fascinait depuis mes 18 ans ! Les formateurs étant de grands professionnels, nous avons été initié aux techniques du décor en suivant une méthode rigoureuse ; trompe l’œil, fresque, grotesque, fausses-matières, etc. L’Ecole d’Avignon a fait grandir ma passion pour ce métier.

* L’Ecole d’Avignon, Centre de Ressources sur le bâti ancien, est une association créée en 1983 à l’initiative du Ministère de la Culture et des représentants des métiers. Installée dans l’Hôtel du Roi René, à Avignon, elle a permis de réutiliser ce monument et de programmer sa restauration complète. Ce bâtiment-école est par essence un lieu d’analyse et de réflexion propice à la formation d’étudiants en métiers d’art de la restauration. Pour en savoir plus : www.ecole-avignon.com

La FMH : Quels ont été les bénéfices de l’attribution
de votre bourse d’étude ?

L.C. : Grâce à la Fondation pour les Monuments Historiques, j’ai eu la chance d’obtenir une bourse d’études qui m’a permis de m’équiper pour l’école. La liste des fournitures, qui comprend des pinceaux très spécifiques, des brosses, des éponges, du matériel à dessin, etc., était très coûteuse. Aujourd’hui encore, l’ensemble de ces outils me sert au quotidien dans mon travail.

« Grâce à la Fondation pour les Monuments Historiques, j’ai eu la chance d’obtenir une bourse d’études qui m’a permis de m’équiper pour l’école. La liste des fournitures, qui comprend des pinceaux très spécifiques, des brosses, des éponges, du matériel à dessin, etc., était très coûteuse. Aujourd’hui encore, l’ensemble de ces outils me sert au quotidien dans mon travail. »

La FMH : Aujourd’hui, vous êtes à votre compte. Pouvez-vous nous expliquer ce choix et quel a été votre cheminement ?

L. C. : J’ai souhaité me mettre à mon compte assez rapidement après ma sortie d’école car je voulais travailler à la fois dans la restauration du patrimoine et en création de décor. Intégrer des ateliers de restauration en tant que peintre en décor est possible, mais créer des décors dans une entreprise est plus rare, d’où le choix de ce statut. L’indépendance et la liberté de gérer son entreprise m’attiraient également.

La FMH : Quel est votre quotidien en tant que
restauratrice de décors ?

L. C. : Je travaille de deux manières différentes. Tout d’abord, à l’échelle locale, des particuliers et des entreprises me sollicitent pour créer des décors peints ou réaliser de fausses matières. Par ailleurs, je suis aussi amenée à me déplacer lorsque des entreprises de restauration m’appellent sur des chantiers pour des églises, des châteaux, etc. Pour moi, il y a un équilibre à trouver entre les projets personnels et le travail en entreprise car je trouve que l’un nourrit l’autre. Le fait de travailler en déplacement est agréable si cela n’est pas permanent et c’est pourquoi il est important que je développe aussi mon activité localement.

Lancement des prix 2020 !

La 12ème édition des prix et soutiens de la Fondation pour les Monuments Historiques est officiellement lancée !

Les propriétaires de monuments et jardins historiques, publics et privés, ont jusqu’au 15 mars pour postuler aux 4 prix suivants :

  • l’aide à projets Restauration
  • le Prix French Heritage Society
  • le Prix François Sommer pour la Chasse et la Nature
  • le Prix Décors Sculptés Parcs et Jardins

Date limite pour candidater : le 15 mars 2020 à minuit.

Plus d’informations sur : www.candidatures-fondationmh.fr.

Le Palmarès 2019

En 2019, grâce à la générosité de ses donateurs et mécènes, la Fondation pour les Monuments Historiques a accompagné des projets de qualité. Ce sont 13 porteurs de projets qui ont bénéficié d’un soutien pour des travaux de restauration ou de mise en accessibilité au sein de leur monument et 4 étudiants en métiers d’art de la restauration qui se sont vu remettre une bourse d’études. Tour d’horizon des bénéficiaires de l’année 2019.

L’abbaye de la Clarté-Dieu, lauréat du Grand Trophée de la plus belle restauration

Fondée en 1239 au cœur de la Touraine, l’abbaye de la Clarté-Dieu est placée dans la filiation directe de Cîteaux, dont elle est la 25ème et dernière fille. Après de longues années de prospérité, elle est une première fois pillée et incendiée lors de la guerre de Cent Ans (1364), puis la Révolution Française provoque sa ruine définitive. Déclarée bien national en 1791, l’abbaye finie par être vendue et démantelée en grande partie. Les bâtiments subsistants servent un temps à une exploitation agricole avant d’être laissés à l’abandon. Au début des années 2000, l’abbaye cistercienne se trouve dans un état de désolation avancé, envahie par la végétation et ouverte aux quatre vents. Depuis bientôt deux décennies, Patrick et Julita Moussette sont investis corps et âmes dans la restauration du monument. L’ensemble abbatial est classé au titre des monuments historiques depuis 2011.

En 2019, la Fondation pour les Monuments Historiques a voulu récompenser leurs efforts en leur attribuant le Grand Trophée de la plus belle restauration (30 000 €).

Le château de la Ferté-Imbault, lauréat du Prix François Sommer

Située dans le Loir-et-Cher (41), la Ferté-Imbault est un château Renaissance construit autour d’un grand parc agrémenté d’un canal. Partiellement détruit lors des Guerres de Religion, le château est reconstruit et agrandi au début du XVIIème siècle par Jacques d’Estampes, marquis de La Ferté-lmbault et maréchal de France.

La Fondation pour les Monuments Historiques, avec le soutien de la Fondation François Sommer, lui a attribué un prix de 20 000 € pour la restauration intérieure de ses écuries et de sa sellerie, avec notamment la reprise des boiseries et des poutres du plafond, ainsi que la restauration des boxes en bois avec travail de ferronnerie.

En redonnant aux écuries leur fonction initiale, le château de la Ferté-Imbault, situé aux environs de Lamotte-Beuvron, pourra accueillir les nombreux visiteurs des concours équestres et également permettre de loger leurs montures.

La poterie du château de la Montagne, lauréat du prix French Heritage Society

En plein cœur du parc naturel du Morvan, cette ancienne poterie industrielle fait partie intégrante du hameau du château de La Montagne (25 hectares). Fondée en 1847, la poterie a fonctionné jusqu’en 1926 et fabriquait des faïences à la manière de Bernard Palissy, toujours admirées et collectionnées aujourd’hui. Faute de moyens, ce bâtiment unique en Europe se trouve aujourd’hui en situation de péril.

La Fondation pour les Monuments Historiques, avec le soutien French Heritage Society, lui a attribué un prix de 20 000 $ destiné à réaliser les travaux urgents, tels que le débroussaillage du site, les travaux de sécurisation des structures, des charpentes et de la couverture.

Alexandre Beauné, bénéficiaire d’une bourse d’études en Métiers d’art de la restauration

Alexandre Beauné est étudiant en dernière année du master « Restaurateur du Patrimoine » à l’Institut National du Patrimoine, avec pour spécialité la sculpture. Il a souhaité consacrer son projet d’étude final à la restauration d’un cercueil thébain daté du VIIème siècle avant J.-C., œuvre conservée au musée Jacquemart André.

La Fondation pour les Monuments Historiques, avec le soutien du Crédit Agricole Mécénat d’Ile-de-France Mécénat, lui a attribué une bourse d’étude de 5 000 € pour accomplir ce projet de restauration grâce à une technologie de modélisation 3D de pointe, lui permettant de limiter la manipulation du cercueil et les risques qui y sont liés.

Télécharger le Palmarès 2019 complet : ici.

Entretien avec Nelly Koenig, bénéficiaire d’une bourse d’études de la Fondation

En 2017, la Fondation pour les Monuments Historiques a attribué une bourse d’études à Nelly Koenig, alors élève en master Restauration du patrimoine à l’Institut national du patrimoine (INP), spécialité mobilier. Grâce au mécénat du Crédit Agricole d’Île-de-France Mécénat, elle a reçu 6 000€ afin de restaurer trois œuvres sculptées provenant de la cathédrale Saint-Etiennne de Toulouse (conservées au Louvre) et de mener à bien son projet de mémoire de recherches scientifiques sur les revêtements de surface. Deux années après l’attribution de cette bourse, le chemin parcouru par la jeune restauratrice est édifiant. Témoignage.

La Fondation pour les Monuments Historiques (FMH) : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre formation à l’INP ?

Nelly Koenig (N.K.) : Issue d’une famille de facteurs d’orgues alsaciens (NDLR : artisan spécialisé dans la fabrication et l’entretien d’orgues), mon projet initial était de devenir conservatrice du patrimoine. J’ai donc d’abord suivi la formation de l’Ecole nationale des chartes. Cependant, le contact avec la matière me manquait et, à l’issue de ma thèse, j’ai décidé de m’orienter vers la restauration. Pour cela, j’ai effectué plusieurs stages d’artisanat, d’abord au sein de l’entreprise familiale puis chez un doreur et un marqueteur d’art. Grâce à la formation en histoire de l’art que j’ai suivi à l’École des chartes et à mes premières expériences en atelier, j’ai obtenu le concours d’entrée de l’Institut national du patrimoine, où j’ai suivi une formation de cinq ans spécialisée dans la restauration de mobilier.

Cette formation comprend deux périodes de stage, que j’ai effectuées respectivement au centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et au centre de restauration des châteaux de Bavière. Ces stages ont été l’occasion de travailler sur du mobilier Renaissance et de découvrir les problématiques de restauration des vernis du mobilier. La dernière année de formation est consacrée à un travail d’étude et de restauration portant sur une œuvre de notre choix, issue des collections publiques. J’ai choisi pour mon mémoire un ensemble de trois stalles provenant initialement de la cathédrale de Toulouse et aujourd’hui exposées au musée du Louvre. Durant cette année de recherche, j’ai travaillé à adapter une technique de nettoyage issue de l’industrie, le nettoyage cryogénique, au retrait des cires modernes se trouvant sur les stalles.

La FMH : Quels ont été les bénéfices de l’attribution de votre bourse d’études ?

N. K. : La bourse d’étude m’a d’abord permis de mener à bien le projet de recherche de mon mémoire de fin d’études. Celui-ci nécessitait de travailler en partie en Suisse, avec l’entreprise partenaire Zeintra-Polarjet et l’école de restauration de Neuchâtel, et d’effectuer les achats de matériel nécessaires au nettoyage cryogénique, comme une bouteille de dioxyde de carbone. Assurée de ne pas être contrainte par des questions matérielles, j’ai pu mettre en place un protocole de test de nettoyage cryogénique sur les œuvres d’art et l’appliquer avec succès lors de la restauration des stalles.

La bourse m’a aussi permis de rejoindre un atelier partagé après mon diplôme. Le loyer d’un atelier représente une charge importante en début d’activité, mais cela se révèle un choix payant puisqu’il est possible d’accepter davantage de travaux lorsqu’on dispose d’un espace.

Enfin, grâce à la bourse, j’ai pu m’équiper en matériel d’analyse pour étudier les vernis de mobilier, ce qui constitue aujourd’hui une partie importante des prestations que je propose à mes clients.

« Grâce à la bourse, j’ai pu m’équiper en matériel d’analyse pour étudier les vernis de mobilier, ce qui constitue aujourd’hui une partie importante des prestations que je propose à mes clients. »

La FMH : Pouvez-vous nous parler de la création de votre atelier et de vos activités ?

N. K. : Je me suis associée avec une collègue, Marine Prevet, diplômée de l’Institut national du patrimoine une année avant moi et, elle aussi, bénéficiaire d’une bourse de la Fondation pour les Monuments Historiques. Nous avons créé l’atelier KoPal après avoir auparavant travaillé ensemble à plusieurs reprises, sur des chantiers-école ou des restaurations pour des particuliers. Nos parcours sont très différents – Marine ayant été formée à l’ébénisterie au sein des Compagnons du Devoir et travaillant depuis l’âge de 18 ans – et nous rendent très complémentaires. Travailler à deux est un véritable atout puisque nous nous poussons mutuellement à chercher des solutions innovantes et à mettre à jour nos connaissances, via la formation continue et les colloques.

Actuellement, nous avons rejoint un atelier partagé avec d’autres restaurateurs de mobilier et de laque, dans le XIe arrondissement de Paris. Nos activités sont assez variées puisque nous pouvons intervenir sur du mobilier très classique comme sur tout objet comprenant du bois, en nous associant avec des collègues spécialisés dans d’autres matériaux si nécessaire. Nous avons ainsi travaillé sur des maquettes, des objets agricoles et même sur des avions anciens avec des structures en bambou ! Nous avons à cœur dans nos restaurations de proposer des solutions respectueuses des matériaux anciens, par exemple en préférant le bois à la résine pour les comblements, quitte à innover sur la mise en œuvre, en ne s’interdisant pas d’utiliser des machines à commande numérique pour le façonnage de moulures ou les découpeuses laser pour la découpe de pièces de marqueterie. Nous avons également ajouté à nos compétences un volet d’étude et d’analyse des vernis de mobilier. Sans égaler la précision des analyses de laboratoires, nous avons mis au point un protocole d’étude nous permettant d’observer les vernis à échelle microscopique et de réaliser en atelier des tests de caractérisation, permettant par exemple d’identifier certains composés comme la colophane, les huiles, les cires, etc.

La FMH : Avez-vous un exemple d’une restauration qui vous a particulièrement marquée ?

N. K. : Nous venons tout juste de terminer la restauration d’un ensemble de mobilier du début du XIXe siècle comprenant un canapé, une console, une chaise et un fauteuil, ayant appartenu au comte de Boigne. Cet ensemble va être exposé au musée savoisien de Chambéry lorsque celui-ci rouvrira après travaux en 2020. Cette restauration était marquante pour moi car il s’agissait d’un travail complet nécessitant de coordonner une équipe de plusieurs restaurateurs de différentes spécialités – mobilier, textile, sculpture, dorure et tapisserie.  Elle s’est également révélée passionnante car elle incluait une partie d’étude du mobilier pour essayer d’en déterminer la provenance. Ceci m’a amenée à étudier des styles de mobilier moins connus que le mobilier français, comme le mobilier italien, anglais ou russe. Enfin, l’avant / après est plutôt spectaculaire !

Pour en savoir plus sur Nelly Koening et l’atelier KoPal : http://atelierkopal.fr/

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