La 2ème session d’appel à candidatures est lancée !

GRAND TROPHÉE DASSAULT HISTOIRE & PATRIMOINE
200 000 €

Deux prix et un Coup de cœur du jury sont accordés pour récompenser des restaurations exemplaires et de grande ampleur de monuments et de jardins historiques privés :

Le Grand Trophée des monuments – 100 000 €

Récompense un propriétaire privé ayant réalisé au sein d’un monument historique (immeuble ou dépendances) un programme de restauration exemplaire et de grande ampleur.

Le Grand Trophée des jardins – 60 000 €

Récompense un propriétaire privé ayant réalisé au sein d’un parc ou d’un jardin (protégé au titre des monuments historiques ou entourant un monument historique), un programme de restauration, de restitution ou de recréation exemplaire et de grande ampleur.

Le Coup de cœur du jury – 40 000 €

Parmi les dossiers de candidature au Grand Trophée des monuments, le jury peut choisir de récompenser un des candidats en lui accordant son « Coup de cœur » parce qu’il juge remarquable la qualité, l’ambition et l’histoire du projet au sein du monument historique.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

PRIX DU JEUNE REPRENEUR
25 000 €

Ce prix a vocation à encourager la reprise et la valorisation économique de monuments historiques par les jeunes générations. Il est remis avec le mécénat de Patrice Besse, de Dominique de la Fouchardière (SLA Verspieren) et de la Fondation Mérimée.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Un budget prévisionnel 2022-2026 de ou des activités développée(s) au sein du monument (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

PRIX DENDROTECH
5 000 €

La société Dendrotech offre une expertise en dendrochronologie en vue de la restauration ou de la mise en valeur d’éléments en bois au sein d’un monument historique (bâtiment, jardin ou parc), classé ou inscrit.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

PRIX SOTHEBY’S
20 000 €

Le Prix Sotheby’s, avec le mécénat de Sotheby’s France, a pour but d’encourager des travaux de restauration d’un décor intérieur de qualité situé dans un monument historique privé, classé ou inscrit.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

Les dossiers de candidature complets doivent être envoyés par WeTransfer au plus tard le 1er juin 2022 à minuit à : communication@fondation-merimee.org

Découvrez les lauréats 2021 du Grand Trophée Dassault Histoire & Patrimoine

En 2021, les propriétaires du château de Bournazel (Aveyron), du château de Lassay (Mayenne) et des jardins d’Ainay-le-Vieil (Cher) ont été récompensés pour l’immense travail de restauration qu’ils ont entrepris ces dix dernières années. Nous vous invitons aujourd’hui à découvrir ces chefs-d’œuvre restaurés grâce à l’obstination et la passion de leurs propriétaires. 

Le château de Bournazel, lauréat du Grand Trophée des monuments

Le château de Bournazel. Photographie : Éric Sander.

Dans un paysage verdoyant et vallonné de l’ouest aveyronnais, entre Rodez et Villefranche de Rouergue, le château de Bournazel sommeillait, laissé à l’abandon depuis plusieurs décennies. Le monument était voué à une lente disparition jusqu’au jour où Gérald et Martine Harlin décident de l’acquérir, animés par la volonté de ressusciter le lieu et de l’ouvrir au public. Lors de leur première visite, en 2006, l’aile est du château avec sa galerie inspirée de l’architecte italien Sebastiano Serlio (1475-1554) est en grande partie détruite, un seul mur se trouvant encore debout. L’aile nord, quant à elle, porte les stigmates de sa transformation au XXème siècle en maison de convalescence. « Les cheminées monumentales avaient été percées pour créer des ventilations et tous les sols d’origine avaient disparu. À l’extérieur, le jardin n’était qu’une vaste jachère et la cour était devenue un parking », se souviennent Gérald et Martine Harlin. En 2008, le couple confie à Bernard Voinchet, architecte en chef des monuments historiques, une étude et un diagnostic complet sur l’état du monument pour pouvoir lancer au plus vite les premiers travaux.

S’ensuivent quinze années de grands chantiers, au cours desquelles les propriétaires s’attachent à restaurer l’existant et également à restituer les volumes du château initial. Grâce aux huit cents éléments issus des bâtiments démolis qui ont été retrouvés sur place, l’aile nord qui abritait autrefois l’escalier d’honneur est restituée selon le principe de l’anastylose, avec l’accord de la Commission nationale des monuments historiques obtenu en 2015. En parallèle, grâce aux archives et à une campagne de fouilles archéologiques, le jardin est recréé dans son état connu entre 1542 et 1561, comprenant neuf parterres.

Pièce du château de Bournazel, entièrement remeublée.
Photographie : Éric Sander.

Aujourd’hui, le château de Bournazel accueille plus de 15 000 visiteurs à l’année. Restauré dans l’état qui était le sien à la Renaissance, le monument a également été entièrement remeublé et doté d’une collection d’objets d’art, de peintures et de sculptures datant des XVIème et XVIIème siècles. À l’emplacement des caves, un auditorium a pris place, dont l’acoustique a été étudiée spécifiquement pour jouer de la musique baroque, permettant de développer une offre culturelle intimement liée au lieu. 

Gérald et Martine Harlin, les propriétaires du château de Bournazel.
Photographie : Éric Sander.

Ainay-le-Vieil, lauréat du Grand Trophée des jardins

Forteresse construite au XIIIème  siècle, le château d’Ainay-le-Vieil est doté en 1467 d’un corps de logis et de canaux créés à partir d’un ruisseau existant. Au milieu du XIXème  siècle, ces jardins d’eau Renaissance sont complétés par un parc paysager, un potager et des chartreuses.

En 1984, une terrible tempête ravage le sud du parc qui ne laisse sur son passage qu’un amas d’arbres au sol. C’est le point de départ d’une grande campagne de travaux, initiée par Marie-Sol de La Tour d’Auvergne, alors propriétaire du château en indivision avec sa mère et ses cinq frères et sœurs. En collaboration avec le paysagiste Pierre Joyaux, la première étape a été la création de la roseraie, qui compte aujourd’hui 160  variétés de roses anciennes. S’ensuit la réhabilitation des cinq chartreuses, où Marie-Sol de La Tour d’Auvergne pense scrupuleusement chaque espace afin d’évoquer l’évolution de l’art des jardins.

À partir de 2010, les douves du château et les berges des canaux qui entourent le Grand Carré en l’Île de la Renaissance sont aussi restaurées et de nouveaux jardins sont créés. Ce chantier sera supervisé par Alexandra de La Tour d’Auvergne, paysagiste et fille de Marie-Sol.

Fruit d’une longue réflexion, la protection et la valorisation des jardins d’Ainay-le-Vieil ont nécessité trente-sept années de dur labeur. Désormais classés au titre des monuments historiques et labellisés «  Jardin remarquable  », ils attirent chaque année près de 15 000 visiteurs.

Le château de Lassay, Coup de cœur du jury

Une première forteresse est construite à Lassay dès le XIème siècle mais celle que l’on connaît aujourd’hui date de 1458. Si depuis 1823 le monument s’était transmis sans grandes difficultés par héritage dans la même famille, les ravages provoqués par la tempête de 1999 avaient rendu son entretien très problématique. Son état s’est ainsi progressivement détérioré jusqu’à mettre gravement en péril le château. C’est alors qu’Aymeri et Cecilia de Montalembert décident de reprendre les rennes  : « ce contexte a précipité la transmission en 2014 et conduit à une sortie d’indivision dans le but d’enclencher les premiers travaux d’urgence. Nous anticipions à l’époque l’effondrement imminent de la charpente d’une des huit tours qui, de surcroît, surplombait la voie publique. C’était un cas de force majeure et un pari car nous ne disposions que des fonds suffisants pour la première intervention, » précise Cecilia. 

Le château de Lassay et ses quatre tours restaurées.
Photographie : Pascal Beltrami.

Dès la première année, ils sécurisent les accès autour du château et lancent les travaux. De juin 2014 à mai de l’année suivante, la tour qui menaçait ruine se voit ainsi dotée d’une charpente entièrement neuve car rien ne pouvait être sauvé de la précédente. Très vite, un désordre structurel est identifié sur le châtelet d’entrée, nécessitant une nouvelle intervention d’urgence. Ce désordre était dû à l’adjonction d’une aile d’habitation au XVIIème siècle qui, après sa suppression au XIXème, a eu pour effet de fragiliser le châtelet d’entrée. À partir de 2015, les travaux s’enchaînent : les deux tours du châtelet d’entrée sont restaurées, le pont-levis est remplacé, le portail d’entrée de la cour d’honneur est remis en place, les parties du château touchées par la mérule sont traitées et, pour finir, la restauration d’une nouvelle tour est achevée en 2020. 

Pour Aymeri et Cecilia de Montalembert, l’objectif est à terme que le château crée son propre écosystème et parvienne à une relative autonomie économique sans tomber dans la muséification ou la mise en exploitation commerciale. Aidés par l’association des Amis du château de Lassay, ils s’attachent à créer une vie culturelle qui participe au rayonnement du monument : concerts, expositions, reconstitutions historiques, etc.

Avant-après d’une tour restaurée.
Photographies : E. Bellet et Pascal Beltrami.

Entretien avec Charlène Boulanger, restauratrice

La Fondation Mérimée, avec le soutien du Crédit Agricole Mécénat d’Ile-de-France Mécénat, a accordé en 2020 une bourse d’études de 4 000 € à Charlène Boulanger, alors étudiante en dernière année à l’École de Condé. Pour valider son diplôme en conservation et restauration du patrimoine, Charlène a travaillé durant une année complète à la restauration d’un corpus d’œuvres qu’elle a choisi, quatorze dessins de Louis-Robert Antral, réalisés pendant la Première Guerre mondiale. Nous l’avons rencontrée deux ans après l’obtention de sa bourse, désormais diplômée et en activité.

Fondation Mérimée (F.M.) : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a conduit vers le métier de restauratrice du patrimoine ?

Charlène Boulanger (C.B.) : Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai d’abord commencé des études de cinéma mais mes expériences de stage ne m’ont pas vraiment plu. C’est une de mes connaissances qui m’a parlé pour la première fois de l’École de Condé car elle venait d’être admise dans leur établissement à Lyon. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionnée par l’histoire de l’art et j’ai assez tôt ressenti le besoin de faire quelque chose de mes mains. Comme j’étais davantage attirée par les techniques d’artisanat que par la création, le métier de restaurateur me permettait de rassembler tout cela. Je me suis ensuite spécialisée en arts graphiques.

F.M. : La Fondation Mérimée, grâce au soutien du Crédit Agricole Mécénat d’Ile-de-France Mécénat, vous a attribué une bourse pour mener à bien votre projet de fin d’études. Pouvez-vous nous le présenter ?

C.B. : À l’École de Condé, la dernière année de master est dédiée à une œuvre que l’on choisit d’étudier et de restaurer. Mon choix s’est porté sur une série de dessins de Louis-Robert Antral, réalisés dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale. L’œuvre de Louis-Robert Antral est colossale et j’ai eu la chance de rencontrer un collectionneur privé qui possède une centaine de ses dessins. Au-delà de la grande qualité graphique de ces œuvres, j’étais fascinée par leur histoire.

F.M. : Quelles ont été les étapes pour mener à bien cette restauration ?

C.B. : J’ai d’abord opéré un tri pour identifier les œuvres qui avaient le plus besoin d’être restaurées, ce qui m’a amené finalement à travailler sur un corpus de quatorze dessins. Cette restauration a été un défi pour deux raisons : d’abord, pour les conditions précaires qui ont été à l’origine de la création des dessins, dans les tranchées, puis du fait de leur dégradation au fil du temps. Tout l’enjeu de mon travail a été de décider ce qu’il fallait restaurer ou laisser en l’état. Que faire des tâches ? Des lacunes ? Il a fallu chacune les interpréter pour essayer de discerner s’il s’agissait d’altérations contemporaines à leur création ou s’il s’agissait d’altérations postérieures. Il a été très complexe de dater ce type de dégradations, sachant par ailleurs qu’il y a eu une grande pénurie de papier durant la Grande Guerre, rendant très difficile de s’en procurer, ce qui explique que les soldats utilisaient souvent du papier de réemploi. Ce faisant, j’ai pris le parti de garder visibles les altérations faisant référence au contexte de création dans les tranchées.

Chaque œuvre a ensuite été traitée individuellement, dépoussiérée et consolidée lorsqu’il y avait des déchirures et des lacunes. Il a fallu parfois combler celles qui étaient trop instables. J’ai également travaillé sur un conditionnement adapté pour les recevoir, permettant d’éviter de manipuler directement les dessins et d’assurer leur pérennité.

J’ai dû limiter mon projet de fin d’études à ces quatorze dessins mais bien sûr les autres œuvres qui complètent cette série vont aussi faire l’objet d’un traitement de conservation préventive.

F.M. : Que vous a apporté la bourse d’études de la Fondation Mérimée ?

C.B. : Cette bourse d’études apporte une aide et une visibilité importantes à un moment crucial de notre formation, juste avant notre insertion dans la vie professionnelle. Personnellement, ma bourse m’a été très précieuse pour l’achat du matériel nécessaire à la restauration des dessins de Louis-Robert Antral, notamment pour la partie conditionnement qui est un poste de dépense assez dispendieux. La bourse m’a aussi été très utile pendant la période de mon stage que j’ai réalisé à Arles.

F.M. : Comment envisagez-vous la suite ?

C.B. : En juillet 2021, j’ai réalisé mon stage de fin d’études dans l’atelier de Cédric Lelièvre, à Arles, et je travaille aujourd’hui dans l’atelier de Bertrand Dujardin, à Lyon. J’ai pour le moment encore besoin d’apprendre et de m’entourer de restaurateurs expérimentés. J’aurai peut-être le désir, un jour, de fonder mon propre atelier.

Château de Montreuil-Bonnin (Vienne)

La Fondation Mérimée a apporté son soutien pour la restitution des huisseries du château de Montreuil-Bonnin, témoin de l’architecture militaire médiévale du XIIIe siècle. 

Cette aide a été attribuée avec le soutien de la Demeure Historique. 

Montant du soutien : 9 000 € 

Haut-fourneau de Cons-la-Grandville (Meurthe-et-Moselle)

La Fondation Mérimée a apporté son soutien pour la reprise des maçonneries et du couvrement du haut-fourneau de Cons-la-Grandville, monument datant de 1865. Au début du XIXe siècle, Cons-la-Grandville compte deux sites de forges. De ces usines sidérurgiques ne subsiste aujourd’hui plus que ce haut-fourneau qui fonctionnait au bois et était activé par la force hydraulique. 

Le chantier est conduit par l’Association pour la Valorisation du Site Historique de Cons-la-Grandville avec le soutien de la DRAC Grand Est et de la Région Grand Est. Cette restauration permettra de rétablir certains éléments de maçonnerie fragilisés, de protéger les structures métalliques contre la corrosion et de prévenir les infiltrations d’eau sur un édifice qui à l’origine était protégé par un bâtiment d’usine. 

Cette aide a été attribuée avec le soutien de la Demeure Historique.  

Montant du soutien : 8 000 €

Château de La Houssaye à Quessoy (Côtes d’Armor)

La Fondation Mérimée, avec le mécénat de la Fondation François Sommer, a apporté un soutien au château de La Houssaye pour la reprise des maçonneries et des joints sur les façades et la couverture de son colombier, datant de la fin du XVe siècle.  

Montant du soutien : 10 000 €

Château de Magnanne à Ménil (Mayenne)

La Fondation Mérimée, avec le mécénat de la Fondation François Sommer, a apporté un soutien au château de Magnanne pour la réfection de la charpente, de la couverture et des maçonneries de l’extrémité Ouest du pavillon de chasse du château, datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle.  

Montant du soutien : 20 000 €

Église Saint Salomon à La Martyre (Finistère)

La Fondation Mérimée, avec le concours de la société Dendrotech, spécialiste en dendrochronologie (méthode de datation du bois), offre une étude d’une valeur de 5 000 € à la ville de La Martyre. 

Cette étude aura pour objectif de dater très précisément les bois qui constituent la charpente de l’église Saint Salomon de La Martyre. La datation permettra d’obtenir une meilleure connaissance de l’édifice dont la construction s’échelonne du XIe au XVIe siècle mais dont la datation précise de la charpente n’est pas encore connue. 

Valeur du mécénat de compétences : 5 000 €