L’abbaye Sainte-Marie de Fontfroide soigne ses décors

L’abbaye de Fontfroide, située à Narbonne, dans l’Aude, a été fondée à l’extrême fin du XIème siècle et affiliée à l’ordre de Cîteaux. Au fil des siècles, elle connaît une expansion rapide qui lui vaut d’être agrandie et embellie. Témoins de cette richesse, les cours et jardins de l’ensemble abbatial accueillent encore aujourd’hui de nombreuses sculptures et des décors ornementaux. En 2019, grâce à sa mécène Catherine de Montmarin-Monnoyeur, la Fondation Mérimée a accordé aux propriétaires du monument un soutien de 10000 euros pour la restauration de deux ensembles décoratifs.

L’héritage de Gustave et Madeleine Fayet

Suite à sa mise en vente, en 1908, l’abbaye de Fontfroide est reprise par Gustave Fayet et son épouse, Madeleine d’Andoque de Sérièges. Collectionneur et peintre, Gustave Fayet entreprend sans tarder la restauration des bâtiments dont l’état sanitaire est alarmant. Il fait aussi de Fontfroide un lieu culturel, réunissant sur place écrivains, musiciens et peintres, comme par exemple l’artiste symboliste Odilon Redon venu en 1910 peindre son dernier grand décor, Le Jour et La Nuit, dans la bibliothèque. 

L’ensemble abbatial a d’abord été inscrit au titre des monuments historiques en 1988 puis classé en 2001. La protection intègre, en plus des bâtiments monastiques, les jardins en terrasses étagées, les cours, la roseraie ainsi que la statuaire et les fabriques. Pour faciliter la gestion et la transmission du monument, l’abbaye est détenue via une société civile immobilière qui regroupe 74 membres, tous descendants de Gustave et Madeleine Fayet. 

L’abbaye lauréate du Prix Décors Sculptés

Très certainement aménagés au XVIème siècle, les jardins en terrasses témoignent de la grande richesse dont jouissait l’abbaye à cette époque. Installés sur le flanc de la colline Ouest, face aux bâtiments, ces espaces s’organisent en différents clos et en terrasses successives. Les abbés commendataires ont par la suite aménagé un majestueux porche d’entrée que surplombent les jardins en terrasses étagées. 

À la suite de Gustave Fayet, les propriétaires successifs se sont tous attachés à conserver les bâtiments, les jardins ainsi que tous leurs aménagements et décors. C’est dans cette optique qu’ils ont présenté, en 2019, une candidature au Prix Décors sculptés, un soutien remis chaque année par la Fondation Mérimée – anciennement Fondation pour les Monuments Historiques – grâce au soutien de Catherine de Montmarin-Monnoyeur. La Fondation a ainsi contribué, à hauteur de 10 000 euros, à la restauration de deux décors datant du XVIIIème siècle : la fontaine en pierre calcaire qui orne la cour d’honneur et un pot à feu ornemental en grès que l’on retrouve sur la terrasse d’entrée. 

Ces deux décors nécessitaient une intervention conservatoire car leur emplacement à l’extérieur et en hauteur occasionnait des altérations liées à l’érosion, à l’exposition aux agents atmosphériques, ainsi qu’à la croissance de la microflore, notamment de lichens et de mousses qui leur donnaient depuis quelque temps une patine sombre.

Le travail du restaurateur a donc consisté à dessaler l’ensemble des éléments en les brossant, puis à les nettoyer à l’aide d’un traitement fongicide. Certaines fragilités et fissures ont été stabilisées par l’application d’un consolidant naturel et de mortier. Enfin, un film hydrofuge protecteur a été appliqué sur toute la surface des décors afin de veiller à leur préservation dans le temps. Grâce au Prix Décors sculptés, la fontaine de la cour d’honneur et le pot à feu ont enfin pu retrouver leur colorisation d’origine. 

La fontaine la cour d’honneur après restauration © Abbaye de Fontfroide.

Lancement de la 2ème session d’appel à candidatures pour nos prix et bourses d’études en 2021

La Fondation Mérimée lance aujourd’hui la deuxième session d’appel à candidatures pour ses prix et bourses d’études.

Les propriétaires-gestionnaires de monuments et jardins historiques, privés et publics, ont jusqu’au 15 juin 2021 pour se porter candidat au Prix du Jeune Repreneur et au Prix Dendrotech.

Les étudiants se formant aux Métiers d’art de la restauration, toute spécialité confondue, ont quant à eux jusqu’au 15 août 2021 pour se porter candidat à nos bourses d’études.

Montant : 25 000 €

La Fondation Mérimée, avec le soutien de Patrice Besse et SLA Verspieren, encourage la reprise et la valorisation économique de monuments historiques par les jeunes générations. Le prix s’adresse aux repreneurs âgés de 18 à 45 ans, propriétaires-gestionnaires d’un monument depuis moins de cinq ans.

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater au Prix du Jeune Repreneur 2021

Pièces du dossier à fournir :

• Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.

• Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.

• Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 juin 2021 par WeTransfer à l’adresse :  communication@fondation-merimee.org

Montant : 5 000 € (valeur en mécénat de compétences)

La société Dendrotech propose de réaliser une analyse dendrochronologique – méthode de datation du bois – afin d’apporter un éclairage nouveau sur l’histoire d’un monument ou d’un jardin historique, privé ou public.

Consulter le règlement du prix ici. 

Pour candidater au Prix Dendrotech 2021

Pièces du dossier à fournir :

• Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.

• Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.

• Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 juin 2021 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondation-merimee.org

Montant : jusqu’à 5 000 €

Grâce au soutien du Crédit Agricole d’Île-de-France Mécénat, la Fondation Mérimée accorde plusieurs bourses d’études à des étudiants se formant aux métiers d’art de la restauration, toute spécialité confondue (sculpture, peinture, dorure, taille de pierre, ébénisterie, ferronnerie…). Les candidats doivent poursuivre leur formation en Île-de-France.

Consulter le règlement de la bourse d’études ici.

Pour candidater à la Bourse d’études en Métiers d’art de la restauration 2021-2022

Pièces du dossier à fournir :

• Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.

• Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.

• Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 août 2021 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondation-merimee.org


Lancement de la 1ère session de candidature pour les prix et soutiens 2021

La Fondation Mérimée lance aujourd’hui la 1ère session de candidatures pour ses prix et soutiens 2021.

Les propriétaires de monuments et jardins historiques, publics et privés, peuvent dès à présent concourir aux aides à projets Restauration et Accessibilité ainsi qu’au prix François Sommer.


Aide à projets Restauration 2021

Montant : entre 5 000 € et 15 000 €

L’aide à projets Restauration permet d’attribuer un soutien financier à tout type de travaux de restauration d’un édifice, parc ou jardin, public ou privé, à condition qu’il soit classé ou inscrit au titre des monuments historiques.

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater à l’aide à projets Restauration 2021

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 mars 2021 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondation-merimee.org


Aide à projets Accessibilité 2021

Montant : entre 5 000 € et 10 000 €

Cette aide à projets permet d’encourager un programme de travaux destiné à faciliter l’accès aux personnes en situation de handicap (moteur, visuel, auditif ou intellectuel) au sein d’un monument ou jardin historique, public ou privé.

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater à l’aide à projets Accessibilité 2021

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 mars 2021 par WeTransfer à l’adresse :  communication@fondation-merimee.org


Prix François Sommer 2021

Montant : 30 000 €

La Fondation Mérimée, avec le soutien de la Fondation François Sommer, soutient la restauration de décors en lien avec la chasse et la nature (peinture murale, bas-reliefs, vitraux, etc.) ou la sauvegarde d’un édifice répondant à l’une de ses catégories (pigeonnier, écurie, vivier, etc.).

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater au prix François Sommer 2021

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 mars 2021 par WeTransfer à l’adresse :  communication@fondation-merimee.org

Prix Décors Sculptés 2021

Montant : entre 5 000 € et 20 000 €

La Fondation, avec le soutien de Catherine de Montmarin-Monnoyeur (sculpteure), encourage les travaux de conservation ou de restauration de décors sculptés  – statues, bancs, fontaines, bassins, etc. – situés dans un parc ou un jardin privé protégé au titre des monuments historiques.

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater au prix Décors Sculptés 2021

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature* dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique* (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 mars 2021 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondation-merimee.org

La Villa Médicis pouponne ses « prisonniers »

Depuis plusieurs années, la Villa Médicis – Académie de France s’est donné pour objectif de restaurer et de mettre en valeur ses huit hectares de jardins. Le schéma directeur conçu par Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments Historiques, prévoit notamment la restauration de trois sculptures représentant des prisonniers Daces, situées sur le parterre principal de la Villa, le Piazzale.

Grâce à son mécène Catherine de Montmarin-Monnoyeur, la Fondation a accordé en 2019 le Prix Décors Sculptés (10 000 euros) pour la restauration de l’une d’entre elles et les travaux sont aujourd’hui en cours. Nous vous proposons de prendre la direction de Rome pour découvrir les coulisses de ce chantier.

La collection du cardinal de Médicis

Bâtie autour de 1564, ce n’est que douze années plus tard que l’architecte Bartolomeo Ammannati donne à la Villa Médicis la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Sous l’impulsion du cardinal Ferdinand de Médicis, elle est aménagée pour servir d’écrin à une collection d’œuvres d’art composée d’antiques et de nombreux bronzes. En 1789, la majeure partie de cette collection est transférée vers la Galerie des Offices, à Florence, et Napoléon Bonaparte fait l’acquisition de la Villa, alors vidée de toutes ses œuvres, pour y transférer l’Académie de France à Rome, dont les bâtiments viennent d’être incendiés. À cette époque, la Villa et ses jardins sont dans un triste état et doivent être restaurés en vue d’accueillir les lauréats du prix de Rome.

Aujourd’hui encore, la Villa Médicis est le siège de l’Académie. Établissement administratif français sous la tutelle du ministère de la Culture, l’institution est une résidence dédiée à la création, la recherche et l’expérimentation. Elle a trois missions : accueillir les pensionnaires pour des résidences artistiques ; ouvrir le palais et le parc au public ainsi qu’organiser une programmation culturelle ; enfin, entretenir et restaurer le palais et ses jardins.

Vue d’archives © Académie de France à Rome – Villa Médicis

Les prisonniers Daces, « des antiquités modernes »

Balthus, directeur de l’Académie de 1961 à 1978, fera exécuter des tirages de statues florentines, comme le groupe des Niobides, les prisonniers Daces et l’obélisque, avec l’intention de retrouver les éléments de statuaire qui composaient le jardin du cardinal de Médicis en 1584. Les moulages de prisonniers Daces, qui se situent à l’est du jardin, sont ainsi des reproductions d’originaux romains ayant appartenus historiquement à la Villa. Elles représentent trois hommes debout, les mains liées, et affichent une bichromie bien contrastée : les corps des prisonniers imitent le porphyre rouge tandis que leurs mains et leurs têtes imitent le marbre blanc. Les trois piédestaux sont composés chacun de quatre panneaux sculptés en bas-relief qui illustrent des scènes et des motifs ornementaux d’arc triomphal. Les trois œuvres ont été réalisées entre l’été et l’automne 1975 par le sculpteur Michel Bourbon, alors boursier de l’Académie.

Une série d’examens technologiques a été récemment réalisée pour approfondir la connaissance de la technique utilisée par Michel Bourbon. Une analyse chimique et minéralogique des matériaux a notamment permis d’en apprendre plus sur la recette avant-gardiste mise au point par l’artiste, à savoir un mélange de marbre et de résine époxy. Une modélisation 3D des statues a aussi été initiée pour permettre à terme de les étudier à distance et de réaliser une visite virtuelle de l’ensemble.

Modélisation 3D © Académie de France à Rome – Villa Médicis

Un ensemble statuaire à restaurer

Si l’emplacement sur le Piazzale met bien en valeur les œuvres et leur permet d’établir un dialogue avec l’environnement naturel, entre autres les pins et les haies de buis et de laurier, celui-ci occasionne néanmoins des altérations qui affectent leur état de conservation. Les facteurs de dégradations sont liés à l’érosion, à l’exposition aux agents atmosphériques ainsi qu’à la croissance de la végétation et de la microflore (algues, champignons et lichens). Une intervention conservatoire devenait donc urgente et, en parallèle, une réflexion autour d’un plan d’entretien et de conservation préventive devait être bâti pour les années à venir.

Détail de la patine biologique © Académie de France à Rome – Villa Médicis

Une technique de restauration respectueuse de l’environnement

Pour procéder à l’élimination des microorganismes ayant recouvert la surface des statues, qui leur donnait une patine sombre, une méthode de pointe a été utilisée afin d’éviter l’emploi de substances toxiques et nocives pour l’homme et l’environnement, comme le sont les biocides synthétiques traditionnels. En collaboration avec le laboratoire de restauration du marbre des Musées du Vatican, la Villa Médicis a opté pour l’utilisation d’un mélange d’huiles essentielles naturelles qui s’avèrent être extrêmement efficaces pour le traitement des patines biologiques. Le traitement biocide aux huiles essentielles, même s’il ne permet pas d’éviter une dispersion des produits dans l’environnement et sur le gazon environnant, constitue néanmoins une solution parfaitement éco-compatible et éco-durable.

La restauration © Académie de France à Rome – Villa Médicis

Un projet d’accessibilité pour l’abbaye de Longues-sur-Mer

Chaque année, la Fondation remet une aide à projets, unique en France, permettant d’encourager un programme de travaux dans un monument ou un jardin historique incluant des aménagements destinés à favoriser l’accueil des personnes en situation de handicap (moteur, visuel, auditif ou intellectuel).

En 2016, la famille d’Anglejan, propriétaire de l’abbaye de Longues-sur-Mer, a ainsi reçu un soutien pour l’installation de plusieurs équipements qui garantissent désormais un meilleur confort de visite aux personnes en situation de handicap.

Fondée en 1168, l’abbaye Sainte-Marie de Longues-sur-Mer, dans le Calvados, offre un témoignage exceptionnel de la vie religieuse normande au Moyen Âge, mais aussi de son architecture et de ses arts décoratifs. Après une longue période de prospérité, l’abbaye bénédictine connaît un lent déclin jusqu’à sa fermeture au XVIIIe siècle. Convertis en exploitation agricole, les bâtiments ont été partiellement détruits ou transformés. Faisant suite au classement de l’ensemble abbatial, en 1915, plusieurs campagnes de restauration ont été entreprises depuis.

La sauvegarde du site est, depuis 1964, entre les mains de la famille d’Anglejan. En 2017, suite à un diagnostic architectural lancé préalablement sur les conseils de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), le mur du cloître a d’abord été consolidé. Le chantier suivant est considérable : il s’agit de remettre en place une toiture sur le chœur de l’église abbatiale et de remplacer la couverture du réfectoire des moines. Les travaux, qui débuteront au printemps 2021 et se prolongeront sur deux années, sont financés par la Drac, le Département du Calvados, la mission Bern (sélectionné en 2019 comme monument « emblématique » pour la région Normandie), l’association French Heritage Society ainsi que le mécénat populaire (vous pouvez les soutenir ici).

Jérôme d’Anglejan avec Stéphane Bern dans l’église de l’abbaye de Longues.

En parallèle, les propriétaires sont très investis pour permettre une ouverture au public du monument qu’ils souhaitent la plus large. En 2018, à l’occasion du 850ème anniversaire de l’abbaye Sainte-Marie de Longues, l’élargissement des plages d’ouverture et les nombreuses animations programmées ont permis de multiplier par dix le nombre de visiteurs, passant ainsi de 300 à 3 000 visiteurs. En 2019, année de célébration du 75e anniversaire du D Day, ce sont près de 5 000 visiteurs qui ont été accueillis à l’abbaye. Cette année, l’abbaye a pu rouvrir ses portes dès le 11 mai en proposant deux expositions : en juin, sur les thèmes du pèlerinage à l’archange Saint Michel, en juillet, sur les jardins normands. Trois concerts ont également été organisés et ont affiché complets. 

En réponse au nombre croissant de visiteurs, il était devenu indispensable d’entreprendre des aménagements permettant de mieux accueillir les visiteurs, en veillant à prendre en considération tous les types de public. Dans cette optique, l’abbaye de Longues a reçu, en 2016, un soutien de notre Fondation pour la mise en accessibilité du site. Cette aide de 9 000 euros a permis aux propriétaires d’installer des sanitaires adaptés aux personnes à mobilité réduite. Un plan incliné et une rampe en bois ont aussi permis de rendre le réfectoire des moines accessible aux personnes se déplaçant en fauteuil.

Aménagements réalisés pour la mise en accessibilité du monument : rampe d’accès et création d’une extension pour l’installation de sanitaires adaptés.

Entretien avec Nicolas Navarro, propriétaire du château du Taillis (Seine-Maritime)

La Fondation a soutenu à deux reprises le château du Taillis : en 2016, avec le Prix du Jeune Repreneur (25 000 euros avec le mécénat de Patrice Besse et SLA Verspieren) et, en 2018, avec le Prix French Heritage Society (15 000 dollars). Au regard de la situation actuelle, nous avons souhaité poser 4 questions à Nicolas Navarro, propriétaire du monument.

Nicolas Navarro, propriétaire du château du Taillis.

Fondation pour les Monuments Historiques (FMH) : Aujourd’hui, et plus particulièrement dans ce contexte de crise sanitaire, quels sont les défis à relever pour attirer les visiteurs ? 

Nicolas Navarro (N.N.) : À partir du déconfinement, le 11 mai dernier, nous espérions que la saison reprendrait à un bon rythme mais le public n’a pas été tout de suite au rendez-vous. Nous avions initialement pour objectif de battre cette année nos records de fréquentation au printemps, malheureusement la majeure partie de nos événements a dû être annulée. Cela a été le cas des commémorations du 8 mai, qui est habituellement notre événement le plus important de l’année. Toutes les réceptions de mariage – qui constituent par ailleurs l’une de nos principales ressources – ont aussi été annulées ou, dans le meilleur des cas, reportées. Faute de chance, nous avons aussi dû nous résoudre à annuler, post confinement, une de nos Visites aux Lumières en raison d’intempéries. 

Fort heureusement, la saison a véritablement repris avec les journées Rendez-vous aux Jardins que nous avons souhaité maintenir en juin, durant lesquelles nous avons accueilli 1 500 visiteurs, et grâce au maintien d’activités destinées à des petits groupes telles que nos Murder Party (jeu de rôle inspiré des romans à enquête, NDLR). Nous restons cependant privés d’une partie non négligeable de notre clientèle, à savoir les touristes américains. 

Nous nous apercevons de plus en plus que le public est friand des visites faites par les propriétaires. Au château du Taillis, nous organisons en temps normal une centaine de visites guidées par an. Nous veillons à les ponctuer de petites anecdotes, à parler de la vie quotidienne des personnes qui ont vécu ici et celles qui y vivent encore. Nous n’hésitons pas à partager avec les visiteurs tous nos projets et les travaux que nous devons réaliser à court ou moyen terme. 

Les personnes qui arrivent chez nous sont souvent à la recherche d’expériences uniques. Alors, nous innovons et adaptons nos offres, comme par exemple avec l’organisation d’un nouveau type d’événement : le marché-concert. Le confinement nous a également permis de mettre au point notre propre Escape Game (jeu immersif pour une équipe de participants enfermée dans un endroit clos dont elle doit trouver le moyen de s’évader, NDLR). Avec la crise sanitaire de ce début d’année, il fallait se rendre à l’évidence : s’il n’est plus possible d’accueillir du public en grand nombre, il nous faut développer ce type d’activités.

Le château du Taillis (Seine-Maritime).

FMH : Quelles sont concrètement les difficultés auxquelles vous devez faire face après cette période ?

N.N. : La première difficulté est d’ordre financier car nous n’avons pas pu faire une rentrée d’argent suffisante cet été. Bien sûr, nous sommes aidés par l’État mais nous ignorons pour combien de temps encore. Après l’annonce faite par le gouvernement sur les nouvelles mesures sanitaires en vigueur depuis le 1er septembre, je reste pessimiste pour la fin de l’année. Un certain nombre de visites et de séminaires d’entreprise qui avait été reporté aux mois de septembre et d’octobre a déjà été annulé.

Au niveau local, peu d’initiatives sont entreprises pour aider les lieux historiques et touristiques. En réponse à ce manque de cohésion, nous avons pour projet, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine (les 19 et 20 septembre 2020), de former un réseau qui regroupera plusieurs monuments privés dans la région. 

FMH : Comment ont avancé les travaux de la Maison du Chapelin, soutenus par notre Fondation en 2018 ?

N.N. : Dès 2017, notre architecte avait établi le programme des travaux devant être entrepris pour restaurer la Maison du Chapelin mais le chantier n’a pu être lancé qu’en juillet dernier. Toutes les démarches administratives ont été plus longues que prévu, notamment la demande de permis de construire et l’autorisation de travaux auprès de notre Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Le côté positif est que cela nous a permis de prendre davantage de temps pour obtenir des aides financières. Pour ce chantier, nous avons le soutien de la Drac ainsi que des fonds européens. En revanche, la région et la métropole ne nous apportent aucune aide. Nous espérons pouvoir accueillir dès l’été prochain nos premiers clients dans cette maison qui a vocation à devenir un gîte. 

FMH : Comment les deux prix qui vous ont été attribués par notre Fondation – le Prix du Jeune Repreneur en 2016 et le Prix French Heritage Society en 2018 – vous ont-ils aidé ?

N.N. : Recevoir ces deux prix de la Fondation pour les Monuments Historiques a été une récompense pour toute notre famille mais aussi pour nos proches car nous sommes beaucoup de personnes investies dans la préservation du château du Taillis. Le Prix du Jeune Repreneur est très encourageant car il donne du crédit à notre mode de fonctionnement et à notre modèle économique. Alors qu’il subsiste beaucoup d’incertitudes sur l’avenir du château, se sentir épaulé est extrêmement précieux. Mes parents et mon épouse ont trouvé cette reconnaissance salvatrice. Au-delà de l’aide financière, c’est aussi un soutien moral fort. 

Cela nous touche particulièrement qu’avec la remise du Prix French Heritage Society ($ 15 000) ce sont des américains qui ont décidé de nous soutenir. Je rappelle souvent à nos visiteurs le rôle important que les mécènes outre-Atlantique jouent pour la sauvegarde de notre patrimoine.

Un plan de relance en faveur du patrimoine

Depuis mars, la crise sanitaire en France a des répercussions importantes pour notre patrimoine, ne manquant pas d’alarmer et d’inquiéter les acteurs du secteur. Selon Le Quotidien de l’Art, les grands monuments nationaux ont connu un déficit de fréquentation sans précédent. Le château de Versailles a ainsi enregistré une baisse de 77 % de ses visiteurs et le Louvre de 66 %. Le Mont-Saint-Michel et la cité de Carcassonne auraient, quant à eux, perdu la moitié de leurs visiteurs.

« Les pertes financières se chiffrent en millions (…), 3 millions pour le château bellifontain, 45 millions pour Versailles, 28 millions pour Orsay », rapporte Le Quotidien. Certains monuments, davantage excentrés et de taille plus modeste, ont toutefois réussi à tirer leur épingle du jeu en enregistrant une fréquentation stable, voire en hausse. C’est le cas du Palais Jacques-Cœur, à Bourges, qui a constaté une hausse de fréquentation de 35 % en juillet. 

Très attendu, un plan de relance de 100 milliards d’euros a été annoncé par le Premier Ministre, Jean Castex, le 3 septembre. Au sein d’une enveloppe de 2 milliards d’euros allouée au secteur culturel, 614 millions d’euros viendront soutenir le patrimoine. Le cabinet de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot-Narquin, a annoncé que 280 millions d’euros seront ainsi consacrés à « un effort massif en faveur des monuments historiques, principalement en région, visant à soutenir les métiers d’art et les savoir-faire d’excellence ». Entre autres, 80 millions d’euros seront affectés en priorité aux cathédrales, 40 millions pour la centaine de monuments gérés par le Centre des Monuments nationaux (CMN) et 40 millions pour la restauration des monuments classés et inscrits appartenant aux communes et aux propriétaires privés.

Une enveloppe de 334 millions d’euros sera aussi dédiée à « la reprise d’activité des établissements publics patrimoniaux soutenant l’attractivité et le rayonnement international de la France ». Sont concernés, entre autres, les grands musées parisiens ainsi que les châteaux de Versailles et de Chambord.

Prix 2020 : lancement de la 3e session de candidatures

La Fondation pour les Monuments Historiques lance, ce lundi 20 juillet, la troisième session de candidatures pour ses prix et soutiens 2020.


Les propriétaires de monuments et jardins historiques peuvent dès à présent concourir au Prix du Jeune Repreneur et à l’aide à projets Accessibilité.

Prix du Jeune Repreneur 2020

avec le soutien de Patrice Besse, Dominique de la Fouchardière (SLA Verspieren) et la Fondation pour les Monuments Historiques.

Montant : 25 000 €

Ce prix a vocation à encourager la reprise récente d’un monument historique. Il s’adresse à un jeune repreneur âgé de 18 à 45 ans et propriétaire du monument depuis moins de cinq ans, par succession ou acquisition. En plus de l’aide financière apportée à son projet de valorisation économique, touristique et/ou culturel, le prix comprend un accompagnement personnalisé offert par les membres du jury.

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater au Prix du Jeune Repreneur 2020

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 septembre 2020 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondationmh.fr

Aide à projets Accessibilité 2020

avec le soutien de la Fondation pour les Monuments Historiques.

Montant : 5 000 €

Cette aide à projets, unique en France, permet d’encourager un programme de travaux dans un monument ou un jardin historique, ou leurs abords, incluant des adaptations destinées à favoriser l’accueil des personnes en situation de handicap moteur, visuel, auditif ou intellectuel. Ces travaux peuvent consister en des aménagements, l’installation d’équipements adaptés, la mise en place de supports pédagogiques et d’aide à la visite.

Consulter le règlement du prix ici.

Pour candidater à l’aide à projets Accessibilité 2020

Pièces du dossier à fournir :

  • Le questionnaire de candidature dûment complété (Format Word uniquement) >> Modèle à télécharger ici.
  • Une présentation photographique (en Format PowerPoint uniquement, pas de PDF) >> Modèle à télécharger ici.
  • Les documents annexes (la liste exhaustive est à consulter dans le modèle de questionnaire précité).

Le dossier finalisé doit être envoyé avant le 15 septembre 2020 par WeTransfer à l’adresse : communication@fondationmh.fr

La réouverture tant attendue des monuments historiques

Dans le respect des consignes gouvernementales, les monuments, parcs et jardins historiques français rouvrent progressivement leurs portes en mettant en place les mesures sanitaires de circonstance : port du masque obligatoire, régulation des flux, marquage au sol, visites sur réservation, modes de paiement adaptés…


Nous vous proposons de découvrir deux monuments privés, anciennement lauréats d’un prix de la Fondation pour les Monuments Historiques, qui font aujourd’hui preuve de dextérité pour une réouverture au public responsable.

Le château de Cazeneuve (Gironde)

Surplombant les gorges du Ciron, l’ancienne forteresse de Cazeneuve (Gironde) subjugue les visiteurs par sa forme polygonale irrégulière et son parc de 40 hectares, classé Natura 2000. Chaque année, cette ancienne résidence royale accueille pas moins de 50 000 visiteurs. Pour ses propriétaires, le confinement a été l’occasion d’effectuer en famille certains travaux d’entretien qui avaient été mis de côté, faute de temps. Ils se sont ainsi lancés dans une vaste entreprise, celle de reprendre la peinture des 88 fenêtres du château.

Mais surtout, les propriétaires brûlaient d’impatience, durant toute cette période, de faire découvrir au public le grand projet qui les occupera pour les prochaines années, à savoir la restitution d’une des tours du château effondrée au XVIIIe siècle. En recréant cette tour, l’objectif est notamment de rendre accessible aux personnes à mobilité réduite le tour de ronde du château, en y dissimulant un ascenseur. Pour réaliser ces travaux, un investissement de 700 000 euros est nécessaire, dont 300 000 euros seront issus du mécénat. Ayant présenté leur candidature à l’Aide à projets Accessibilité, en 2019, la Fondation pour les Monuments Historiques a encouragé le projet en apportant un soutien de 5 000 €. La chaîne de télévision France 2 diffusera en septembre prochain un reportage pour mettre en lumière ce projet emblématique.

Suite à l’annonce gouvernementale autorisant la réouverture des musées et monuments, le château de Cazeneuve s’est organisé pour recevoir ses visiteurs dans les meilleures conditions et en toute sécurité, en mettant en place des mesures de régulation de fréquentation et de précautions sanitaires. C’est ainsi que, dès la fin du mois de mai, le château de Cazeneuve a pu rouvrir ses portes après avoir redéfini le parcours de visite pour limiter les croisements et les rassemblements. Les visites se font par groupe de maximum 10 personnes et le port du masque reste obligatoire. Le château est ouvert tous les jours, en après-midi, jusqu’en septembre.

Le château de Montépilloy (Oise)

Les propriétaires du château de Montépilloy (Oise) ont, quant à eux, décidé d’organiser des visites guidées uniquement le samedi et le dimanche. Édifié en 1150 et célèbre pour son donjon, partiellement détruit depuis la Guerre de Cent Ans, le château a ouvert la saison ce samedi 6 juin. Lauréats du Prix Dendrotech, en 2016, les propriétaires du château de Montépilloy ont bénéficié d’une analyse dendrochronologique (5 000 € en mécénat de compétence) pour dater les structures en bois du châtelet d’entrée.

Malgré le contexte difficile, les propriétaires sont toujours aussi déterminés et engagés pour faire revivre ce lieu. Aidés par l’association des Amis « Armorial », ils maintiennent le cap sur ces deux objectifs : d’une part, aménager les dépendances pour créer un lieu d’accueil et de vie ; d’autre part, sécuriser le château pour permettre l’accès au public. Des travaux d’urgence doivent en effet être réalisés sur les maçonneries de la grange, sur la toiture et sur le puits médiéval.

Toutes les mesures sanitaires que les propriétaires ont habilement adoptées sont présentées sur place au moyen de panneaux d’affichage. Entre autres, un écran de protection a été installé sur le comptoir de la billetterie, le sens de circulation a été repensé, les visiteurs et les bénévoles qui assurent les visites portent des masques et des lingettes nettoyantes et du gel hydroalcoolique sont à disposition de tous.

Avec les dispositions qui ont été prises, les propriétaires de Montépilloy espèrent que le monument pourra revenir à sa vocation première : être un lieu d’accueil pour tous, tout particulièrement pour les scolaires et les publics éloignés du champ culturel, afin d’éveiller en eux l’amour des vieilles pierres.

Pour en savoir plus :

  • Le ministère de la Culture a conçu un document d’ « aide à la reprise d’activité et à la réouverture au public des musées et monuments », sans valeur contraignante. Téléchargez le document ici.
  • La Demeure Historique a proposé un « plan de sécurité sanitaire Covid-19 » pour guider chaque propriétaire-gestionnaire de monuments historiques dans l’application et l’adaptation des mesures sanitaires à un site historique. Téléchargez le document ici.

L’Église Saint-Jean-Baptiste de La Couronne restaurée

Début mars, quelques jours à peine avant l’annonce des mesures de confinement, l’église Saint-Jean-Baptiste de La Couronne, en Charente, ouvrait pour la première fois ses portes au public après trois années de travaux. En 2017, la Fondation pour les Monuments Historiques avait attribué un soutien de 10 000 € pour sa restauration. 

Grâce à ce grand chantier, l’église réapparaît aux yeux de tous comme l’un des plus beaux témoignages de l’art roman angoumoisin.

Suivant un plan classique en croix latine, l’église Saint-Jean-Baptiste est construite vers l’an 1100. Elle présente une voûte en berceau avec une coupole à la croisée du transept. Sa particularité est son clocher conique, couvert de pierres taillées en forme d’écailles. Au XIXe siècle, l’édifice accueille des vitraux historiés sortis de l’atelier tourangeau Lobi ainsi qu’un décor peint dans l’abside, réalisé par la Société Saint-Grégoire de Tours. L’église est classée au titre des monuments historiques en 1903.

En 2018, une première phase de travaux a permis de reprendre le clocher, l’escalier, les croisillons et le chevet de l’église. La deuxième tranche de travaux, pour laquelle l’aide de notre Fondation a été demandée, s’est achevée en 2019. Les maçonneries de la nef ont été confortées et les toitures refaites en employant des lauzes, conformément à son état originel. La dernière étape de cette restauration a consisté à remettre en valeur l’intérieur de l’édifice et ses décors (peintures murales et vitraux).

Toujours affectée au culte, l’église Saint-Jean-Baptiste a pu réaccueillir ses paroissiens et pourra prochainement poursuivre sa vocation patrimoniale et culturelle en organisant à nouveau des visites guidées et des concerts.