Entretien avec Fiona Gaitan, restauratrice du patrimoine et boursière de la Fondation Mérimée

En 2021, la Fondation Mérimée a accordé une bourse d’études de 4 000 € à Fiona Gaitan, alors étudiante en dernière année à l’Institut national du patrimoine (Inp). Pour son projet de fin d’études, Fiona s’est consacrée durant toute une année à la restauration d’un vase chinois issu des collections du musée Cernuschi. Un an après l’obtention de sa bourse, nous l’avons rencontrée.


Fiona Gaitan examine par radio les fissurations du couvercle du vase qu’elle a choisi de restaurer pour sa dernière année d’études © Anne-Claire Héraud / Fondation Mérimée

Fondation Mérimée (F.M.) : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a conduit vers le métier de restauratrice du patrimoine ?

F.G. : Mon goût pour l’histoire et la littérature m’a poussé vers une hypokhâgne et une khâgne après mon baccalauréat. À l’issue de ces deux années, j’ai été admise sur concours à l’École du Louvre. J’ai obtenu au bout de trois ans mon diplôme de premier cycle en histoire de l’art avec pour spécialité les arts décoratifs. Pendant mes études, j’ai ressenti assez tôt le besoin d’une plus grande proximité avec les œuvres. J’ai décidé par la suite de m’inscrire à une formation en bijouterie-joaillerie, un CAP que j’ai suivi en alternance, afin d’acquérir un savoir-faire manuel dans le domaine du métal. Cette formation m’a permis de réussir le concours d’entrée à l’Institut national du patrimoine en 2017.   

F.M. : La Fondation Mérimée, avec le soutien du Crédit Agricole d’Ile-de-France, vous a attribué une bourse pour mener à bien votre projet de fin d’études. En quoi consiste-t-il ?

F.G. :  À l’Institut national du patrimoine, la dernière année est entièrement dédiée à un travail de recherche et de restauration sur une œuvre. J’ai choisi d’étudier un vase chinois en alliage de cuivre et de plomb datant du XVIIème-XVIIIème siècle. Le décor du vase s’inspire de bronzes chinois antiques avec des motifs célestes et deux empreintes de main dorées. Le vase fait partie d’un ensemble d’objets rapportés d’Asie par Henri Cernuschi en 1872. Il est aujourd’hui conservé au musée Cernuschi, à Paris.

Lorsque j’ai vu le vase pour la première fois, il présentait un important réseau de fissurations. Il avait pourtant été restauré à plusieurs reprises mais les précédents comblements, devenus anciens, commençaient à s’altérer et menaçaient la stabilité structurelle de l’œuvre. Tout l’enjeu de cette restauration était de remplacer les comblements défectueux et de veiller à ce que le nouveau collage soit résistant, réversible et esthétique.

Vase chinois du XVIIème ou XVIIIème siècle, avant et après restauration © Fiona Gaitan

F.M. : Comment avez-vous procédé à la restauration de ce vase ?

F.G. : Initialement, j’avais prévu d’éliminer entièrement les anciens comblements et de les remplacer par un nouvel adhésif. Cependant, pendant l’étape de retrait, j’ai constaté que certains comblements étaient encore efficaces. Pour éviter d’avoir recours à des traitements trop invasifs et d’endommager le métal, j’ai finalement choisi de ne supprimer que ceux qui étaient fragilisés. Là où le vase présentait des lacunes, des pièces de comblement ont été fabriquées sur mesure pour permettre de restituer la totalité du décor et d’apporter une plus grande lisibilité à l’œuvre.

Pour rendre l’œuvre plus homogène, j’ai terminé par une réintégration colorée des zones qui longent les fissures puis j’ai appliqué une couche de protection en cire sur la totalité de la surface du vase. La restauration a permis de mettre au second plan le réseau de fissures et le collage. Le vase a maintenant retrouvé son intégrité physique.

Fiona Gaitan à l’ouvrage © Anne-Claire Héraud / Fondation Mérimée

 F.M. : Que vous a apporté la bourse d’études de la Fondation Mérimée ?

F.G. : Cette bourse m’a permis de vivre beaucoup plus sereinement ma dernière année d’études. J’ai pu me consacrer pleinement à mon travail de restauration et de recherche, sans avoir à travailler à côté pour assumer mes frais de vie courants. Maintenant que j’ai soutenu mon mémoire et que je suis officiellement diplômée, une partie de la bourse va me servir à acheter du matériel pour pouvoir commencer à exercer en tant que restauratrice.

F.M. : Quels sont vos futurs projets professionnels ?

F.G. : Je vais débuter mon activité en tant qu’auto-entrepreneure, soit répondre à des marchés publics pour travailler sur les collections des musées de France, soit travailler pour des clients privés. Dans un premier temps, je pense partager un atelier avec une collègue de promotion, ce qui permet de mutualiser l’espace, le matériel et aussi de partager nos expériences. Plus tard, lorsque mon activité sera plus développée, j’aimerais monter mon entreprise individuelle.

Les deux faces du vase restauré par Fiona Gaitan © Fiona Gaitan

L’Hôtel de Rouvière, premier lauréat du Grand Prix Henriot de la restauration

Geoffrey Malaval, 33 ans, est le premier lauréat du Grand Prix Henriot de la restauration. Depuis mars 2020, il est propriétaire de l’ancien Hôtel de Rouvière, à Marvejols (Lozère). Acheté à l’état d’abandon, le monument va connaître, grâce à lui, une seconde vie.

Sondage réalisé sur le décor polychrome du premier étage, datant du XVIIème siècle
© Fondation du ¨Patrimoine – My Photo Agency – Christian Bousquet

Fondation Mérimée (F.M.) : Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à reprendre l’Hôtel de Rouvière ?

Geoffrey Malaval (G. M.) : Je suis originaire de Marvejols où j’ai ma famille et mes attaches. L’Hôtel de Rouvière se situe en plein cœur du centre-ville et, aussi loin que je me souvienne, je l’ai toujours connu. La façade du monument suscite l’admiration de tous les marvejolais mais très peu d’entre eux ont connaissance du trésor qu’il renferme : les plafonds et les boiseries des trois niveaux de l’hôtel sont décorés d’incroyables décors polychromes du XVIIème siècle. Le monument ayant été exceptionnellement bien préservé, la distribution intérieure est restée inchangée depuis près de quatre siècles, articulée autour d’un escalier rampe sur rampe majestueux. L’édifice conserve également ses menuiseries d’origine qui constituent un rare exemple d’ensemble menuisé datant du XVIIème siècle.

Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’Hôtel de Rouvière, il était fermé depuis près d’un demi-siècle. La commune de Marvejols, qui en était alors propriétaire, n’avait pas de projet défini pour mettre en valeur l’édifice. J’ai proposé de le racheter et obtenu en mars 2020 une réponse positive. Ma motivation était avant tout de sauver ce patrimoine qui était plongé dans l’oubli et surtout qui se trouvait alors en état de péril.

Façades de l’hôtel de Rouvière depuis la rue et depuis la cour intérieure
© Fondation du ¨Patrimoine – My Photo Agency – Christian Bousquet

F.M. : Vous avez fait l’acquisition de l’Hôtel de Rouvière avec la volonté de l’ouvrir au public mais la vocation culturelle du lieu est apparue plus tard. Pouvez-vous revenir sur la genèse du projet ?

G. M. : Ce projet à composante culturelle s’est effectivement dessiné quelques mois après l’achat. Il est le fruit de mes réflexions avec les services de la Drac Occitanie (Direction régionale des affaires culturelles), notamment avec Laurent Barrenechea, conservateur régional des monuments historiques, et Pierre-Jean Trabon, architecte en Chef des Monuments Historiques. L’enjeu était de trouver une activité économique qui puisse assurer des revenus indispensables à l’entretien de l’Hôtel de Rouvière mais qui soit aussi respectueuse du lieu.

C’est ainsi qu’est apparue l’idée d’aménager des ateliers pouvant être loués à des artistes de la région et de créer des espaces d’exposition et de réception. L’édifice pourra ainsi accueillir toutes sortes de manifestations culturelles, salons éphémères, expositions d’art… Bien entendu, il sera aussi possible de visiter le monument. Le parcours de visite permettra au public d’admirer les décors peints de l’hôtel, notamment celui de l’oratoire au troisième étage, d’emprunter l’escalier central en pierre et même de déambuler dans la cour.

En plus de la visée culturelle, ce projet aura un impact économique réel puisqu’il permet de développer une activité peu présente dans la région et d’apporter une dynamique positive dans une zone rurale.

Vues de l’escalier et des menuiseries de l’hôtel
© Fondation du ¨Patrimoine – My Photo Agency – Christian Bousquet

F.M. : Quelles sont pour vous les prochaines grandes étapes ?

G. M. : Grâce au prix, les travaux d’urgence et de restauration du plafond peint à voussures représentant les cinq sens pourront commencer dès ces prochains mois. Une autre partie des boiseries et plafonds peints a déjà pu être démontée pour être mise à l’abri et permettre sa restauration en atelier. D’autres décors restés en place, eux, ont été bâchés pour les protéger contre l’humidité.

Lorsque les interventions d’urgence seront achevées, la première phase de travaux, qui comprend la restauration des façades et des menuiseries extérieures, pourra être lancée. Suivront ensuite la restauration de l’escalier et de chacune des pièces qui présentent des décors peints et, enfin, les travaux d’aménagement intérieur. Concernant l’échéancier, il a été estimé que les travaux puissent se terminer fin 2025.

Plafond peint du cabinet situé au troisième étage de l’hôtel
© Fondation du ¨Patrimoine – My Photo Agency – Christian Bousquet

F.M. : Quand prévoyez-vous d’accueillir vos premiers visiteurs ?

G. M. : L’Hôtel de Rouvière a déjà pu être visité de manière exclusive à l’occasion des Journées européennes du patrimoine qui se sont déroulées les 17 et 18 septembre 2022. Les visiteurs ont ainsi eu le privilège d’admirer l’hôtel « dans son jus » avant que la restauration ne commence. C’était pour moi une immense joie de pouvoir accueillir du public pour la première fois dans le monument. Je vise maintenant une ouverture au public fin 2023, dès que les travaux d’urgence seront achevés. C’est un véritable challenge !

Le 20 septembre, une visite de l’Hôtel de Rouvière a eu lieu en présence de Gilles de Larouzière, président directeur général de Maisons & Domaines Henriot, de Jean de Lambertye et de Robert de Metz, respectivement vice-président et secrétaire de la Fondation Mérimée © Jean-Louis Valentin
Gilles de Larouzière, président directeur général de Maisons & Domaines Henriot, mécène du Grand Prix Henriot de la restauration, et Geoffrey Malaval, propriétaire de l’Hôtel de Rouvière © Jean-Louis Valentin

Nouveau prix : le Grand Prix Henriot de la restauration

L’entreprise familiale Maisons & Domaines Henriot, devenue cette année le premier mécène institutionnel de la Fondation Mérimée, a aussi souhaité créer avec elle un nouveau prix : le Grand Prix Henriot de la restauration. Avec une dotation exceptionnelle de 100 000 euros, ce prix a pour but d’encourager les propriétaires de monuments historiques dans leurs projets de sauvegarde et de restauration, dans le respect des savoir-faire traditionnels et locaux.

Pour cette première édition, la Fondation Mérimée a reçu plus de cinquante dossiers de candidature. Le jury du Grand Prix Henriot de la restauration était présidé par Gilles de Larouzière, président directeur général du groupe Henriot, et composé de Robert de Metz, secrétaire de la Fondation Mérimée ; Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques ; Henri de Lépinay, ingénieur et architecte et Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine.
Les deux monuments finalistes du prix étaient l’église Saint-Genest à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or) et la forteresse de Berrye (Vienne).

>> Prochain appel à candidatures pour le Grand Prix Henriot de la restauration : janvier 2023.

Entretien avec Paul Vergonjeanne

En 2020, la Fondation Mérimée, avec le soutien de la Compagnie des Architectes en Chef des Monuments Historiques, a attribué une bourse de 5 000 € à Paul Vergonjeanne, doctorant à l’École Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais et par ailleurs compagnon tailleur de pierre. Cette bourse de 5 000 euros permet d’apporter un soutien au doctorant pour faciliter son travail de recherche. Nous l’avons rencontré afin qu’il puisse nous partager ses dernières découvertes.

Fondation Mérimée (F.M.) : Après une formation de tailleur de pierre, vous avez décidé de vous consacrer à un projet de thèse ambitieux. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Paul Vergonjeanne (P.V.) : J’ai d’abord commencé par un DUT (diplôme universitaire de technologie) en génie civil pour les bâtiments et les travaux publics. Grâce à deux stages, j’ai découvert la charpenterie et la taille de pierre. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me consacrer à la restauration de monuments historiques. J’ai alors suivi un CAP (certificat d’aptitude professionnelle) en taille de pierre avec l’Association Ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour de France.

Après avoir œuvré à la restauration de la cathédrale Saint-André, à Bordeaux, et sur différents chantiers dans les vignobles bordelais, j’ai continué à me former dans le Finistère puis dans les Pouilles, en Italie. Par la suite, j’ai travaillé à Rodez, toujours en alternance chez les Compagnons, avant finalement de passer un an à Madrid pour suivre l’équivalent d’un master au sein de l’École technique supérieure d’architecture de Madrid. C’est suite à cette expérience que j’ai décidé de m’orienter vers un doctorat.

Je réalise aujourd’hui une thèse en collaboration avec le Laboratoire Géométrie Structure Architecture (GSA) de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais et avec l’École Supérieure d’Architecture de Madrid (ETSAM).

F.M. : Votre thèse porte sur un sujet très précis qui est l’utilisation de joints complexes dans l’architecture de l’époque médiévale. Pouvez-vous nous expliquer de quoi s’agit-il ?

P.V. : Un joint est la surface de contact entre les pierres qui forment un arc ou une voûte et a pour rôle d’assurer le soutien de l’ouvrage. La plupart du temps, cette surface est plane. On parle de joints complexes dès lors que la surface de contact n’est pas plane et que les pierres viennent s’emboîter entre elles pour assurer la jonction de la voûte. Il existe différents types de joint complexe, tels que les joints à tenon, les joints courbes…

Mon travail de recherche m’amène essentiellement en Picardie et dans le Nord-Est de la région parisienne, où j’ai identifié plusieurs monuments présentant des joints complexes. Je concentre mon étude sur le XIIème siècle car c’est une période de transition très intéressante entre l’architecture romane et gothique.

F.M. : Avez-vous des exemples de monuments à nous donner, français ou étrangers ?

P.V. : En France, nous pouvons citer, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul à Villers-Saint-Paul, dans l’Oise, l’église Saint-Etienne de Beauvais, dans l’Oise également, ou encore le château de Septmont, dans l’Aisne. Nous retrouvons aussi des exemples de joints complexes à l’étranger et notamment au Moyen-Orient. L’édifice le plus ancien que l’on connaisse avec des joints complexes est la porte Bab el Nasr, au Caire, construite en 1087.  Plus tardif, au XIIIème siècle, on peut citer le caravansérail de Sultanhani, en Turquie.

F.M. : Pouvez-vous nous expliquer la problématique autour de ces joints complexes ?

P.V. : Le XIIème siècle est une période majeure pour l’architecture, marquée notamment par de grandes innovations liées aux techniques de construction. Ma thèse a pour objet de déterminer si l’utilisation de joints complexes répond à une contrainte mécanique ou s’il s’agit d’un choix purement esthétique.

Pour pouvoir y répondre, j’effectue de nombreux tests dans l’atelier des Compagnons du Devoir, à Champs-sur-Marne. Jusqu’à présent, mes expérimentations ont révélé que le recours aux joints complexes n’était pas lié à un rôle mécanique. Je m’attache également à comparer et à classifier les différentes typologies de joints complexes.

Test de poids sur des joints complexes © Paul Vergonjeanne

F.M. : Le sujet de vos recherches est aujourd’hui méconnu et peu documenté. La publication de votre thèse permettra-elle de mieux appréhender les monuments qui présentent des joints complexes et donc de faciliter leur restauration ?

P.V. :  Le recensement et l’étude des joints complexes permettront à l’avenir, je l’espère, une restauration plus réfléchie des monuments qui sont concernés par cette technique. Jusqu’à présent de nombreuses restaurations ont été menées sans prendre en compte l’intérêt patrimonial des joints complexes, or la rareté de ces ouvrages doit nous conduire à être très attentifs.

F.M. :  Quels bénéfices tirez-vous de l’attribution de notre bourse ?

P.V. : Ma thèse n’étant pas financée, j’enseigne en parallèle la taille de pierre. La bourse qui m’a été accordée m’a permis de me libérer du temps, ce qui a été très bénéfique pour avancer sur mes recherches. En principe, je dois soutenir ma thèse en 2024.

La bourse a également apporté de la visibilité à mon travail. En début d’année, après avoir découvert de nouveaux exemples de joints complexes dans l’Aisne, j’ai été admis en résidence à l’école d’architecture d’Austin au Texas. Grâce à cette expérience, j’ai eu l’opportunité d’écrire un article pour le journal Construction History Society (https://www.constructionhistory.co.uk).

F.M. :  Votre sujet de recherche, comme votre parcours, permet de bâtir des passerelles entre théorie et pratique. Après la soutenance de votre thèse, pensez-vous continuer la recherche ou opter pour la pratique ?

P.V. : Mon souhait est de conserver les deux aspects – théorie et pratique – car je pense que l’un ne fonctionne pas sans l’autre.  Après la thèse, j’aimerais mettre à disposition les compétences que j’aurais acquises pendant mes années de recherche pour réaliser des études et des diagnostics sur des monuments historiques qui doivent être restaurés. Je souhaite également continuer à enseigner car j’accorde une grande importance à la transmission.


Pour en savoir plus :

La restauration des écuries de la Ferté-Imbault

Dominant la rivière de la Sauldre et entouré de douves, le château de La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher) est l’un des plus anciens châteaux de Sologne. En 2019, la Fondation Mérimée lui a attribué, grâce au mécénat de la Fondation François Sommer, un prix de 20 000 euros pour la restauration intérieure des écuries et de sa sellerie, permettant de redonner au bâtiment sa fonction d’accueil de cavaliers et de chevaux.

Le château de la Ferté-Imbault dans la brume
© Comité Régional du Tourisme Centre – Val de Loire.

En 980, Imbault le Tortu, gendre du comte de Blois, fait bâtir un donjon cerclé de douves en eau. La forteresse est reconstruite à la Renaissance et se voit dotée de nombreuses fenêtres et agrémentée, vers 1510, de vingt-quatre médaillons sculptés et historiés. Le château, fief de la famille d’Estampes pendant quatre cents ans, se voit pourvu au début du XVIIe siècle de deux monumentaux communs destinés à accueillir la garde des chevau-légers de Gaston de France, frère de Louis XIII, dont le Maréchal d’Estampes, marquis de La Ferté-Imbault, est le capitaine. Au XIXe siècle, les écuries et la sellerie sont remaniées puis ne seront plus modifiées. Le château, les douves et les communs sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 1973.

Le bâtiment des écuries © Marguerite Natter.

Les « passeurs » de la Ferté-Imbault

En août 2017, Olivier Ojzerowicz et Geoffroy Medinger, à la recherche d’une propriété à reprendre, tombent sous le charme de ce château solognot en briques et de son écrin de verdure et d’eau, un grand parc clos de murs et un canal long de six cents mètres. « Nous avons depuis toujours une passion pour le patrimoine et l’histoire, et nous souhaitions reprendre un monument », confie Olivier. Geoffroy est tout autant animé par l’idée d’entreprendre la restauration d’un édifice ancien et de « laisser sa pâte dans les pierres ». Plusieurs parties des bâtiments ayant besoin d’être restaurées, l’arrivée des deux repreneurs est providentielle. « L’histoire du château de La Ferté-lmbault est millénaire, je nous vois comme des passeurs de son héritage », note Olivier.

La restauration des écuries et de la sellerie

En 2019, lorsqu’Olivier et Geoffroy présentent leur candidature pour le Prix François Sommer, les écuries et la sellerie sont inutilisables et dans un état de dégradation avancée. Entre autres, le sol pavé de l’écurie et le parquet à la Versailles de la sellerie doivent être repris, ainsi que les boiseries et certaines solives. Surtout, l’ensemble des équipements équins encore en place, à savoir les stalles de bois et de fer forgé ainsi que les râteliers, sont à restaurer intégralement.

Les travaux commencent au début de l’année 2020 et, pendant trois mois, différents corps de métier et artisans interviennent : le maçon procède à la dépose du plafond puis à la réfection totale des enduits des murs et du plafond ; le ferronnier reproduit à l’identique deux séparations de box et un panier à foin en prenant soin de traiter le métal afin de lui donner un aspect vieilli pour qu’il s’harmonise parfaitement avec les ferronneries d’origine ; le menuisier recrée à l’identique toutes les moulures et les séparations des stalles dont le bois est volontairement lessivé ; enfin, le peintre habille les murs d’un gris en partie basse surmonté d’une ligne de séparation framboise et d’un vert en partie haute, couleurs choisies par les propriétaires. Enfin, quelques meubles ont été réalisés sur mesure pour meubler le lieu.

Ce travail a été mis en valeur en 2020 lors des Journées européennes du patrimoine puisque les visiteurs ont pu admirer, dans les écuries, des chevaux mis à disposition pour l’occasion par un centre équestre voisin. « Accueillir des montures à La Ferté-Imbault s’inscrit dans la continuité de son passé », se réjouit Olivier.

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Le Prix François Sommer
Organisé par la Fondation Mérimée depuis 2015, le Prix François Sommer encourage la restauration de décors en lien avec la chasse et la nature (peinture murale, bas-reliefs, vitraux, etc.) ou la sauvegarde d’un édifice répondant à l’une de ses catégories (pigeonnier, écurie, vivier, etc.). Le prix dispose depuis 2020 d’une dotation annuelle de 30 000 euros financés par son mécène la Fondation François Sommer.

Pour déposer un dossier de candidature au Prix François Sommer 2022, rendez-vous ici.

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Trois questions à Olivier Ojzerowicz, propriétaire du château de La Ferté-Imbault

Fondation Mérimée (F.M.) : En août 2017, quand vous posez vos valises à La Ferté-Imbault, seule une partie du château est habitée et celui-ci est rarement ouvert au public. Quelle a été votre priorité ?

O. O. : Nous avions trois priorités : nous y sentir bien, pouvoir y accueillir famille et amis ; redonner vie au monument et au parc ; mettre en place des activités culturelles s’inscrivant dans l’histoire du château et permettant de le faire rayonner, ainsi que des activités commerciales pour supporter une partie des travaux de restauration. Dès 2018, nous avons ainsi accueilli des visiteurs pendant l’été et pour les Journées européennes du patrimoine. En revanche, la mise en place d’événements culturels et d’activités commerciales génératrices de revenus, notamment les locations d’espaces, a été mise de côté en raison de la crise sanitaire. Les travaux de restauration et d’aménagement de la salle de réception, située dans le commun qui fait face aux écuries, sont désormais terminés.

F.M. : En 2019, vous avez été lauréat du Prix François Sommer que remet chaque année la Fondation Mérimée. Que vous a-t-il apporté ?

Nous avons reçu le Prix François Sommer tout juste un an après avoir repris le monument et, au-delà de l’aide financière, nous avons vu ce prix comme un geste fort d’encouragement. La même année, nous avions également déposé un dossier de candidature au Prix du Jeune Repreneur (remis aussi par la Fondation Mérimée, ce prix encourage un jeune repreneur de monument historique dans son projet de valorisation économique, N.D.L.R.) et nous sommes fiers d’avoir pu faire partie des trois finalistes. Cette reconnaissance a certainement aidé à passer à travers certaines difficultés, comme l’effondrement d’une partie du mur des douves en novembre 2019 ou la chute d’un segment du mur d’enceinte en 2021. De temps en temps, il y a des catastrophes naturelles et des événements auxquels on ne s’attend pas. Pour autant, il n’a jamais été question de baisser les bras car nous prenons beaucoup de plaisir dans cette entreprise.

F.M. : Quels sont aujourd’hui les projets qui vous occupent ?

Nous avons de nombreux travaux prévus pour les prochaines années : la restauration du mur des douves et de deux échauguettes existantes, la réédification de deux autres échauguettes qui ont disparu, la réfection des toitures du château et des communs ainsi que la reprise en maçonnerie des façades du château. Nous avons pour cela signé en 2019 une convention de mécénat affecté avec la Demeure Historique qui nous permet de solliciter l’aide de mécènes français et même étrangers grâce au partenariat de la Demeure Historique avec la Fondation Roi Baudouin et son réseau de fondations à travers le monde. A plus long terme, nous avons particulièrement à cœur de créer un festival à La Ferté-Imbault car nous sommes, Geoffroy et moi-même, férus de musique classique et d’opéra. Nous avons notamment pour modèles les festivals d’opéra anglais qui se donnent dans des maisons de campagne (country house), comme le Glyndebourne Opera Festival, dont la tradition pour les spectateurs est de profiter des longs entractes pour pique-niquer dans le parc.

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Les animaux fantastiques de La Ferté-Imbault

Pour Olivier Ojzerowicz et Geoffroy Medinger, tous deux passionnés par les animaux et ayant à disposition un domaine de cinquante hectares, il était logique d’en accueillir à La Ferté-Imbault. Les propriétaires se sont donc attachés à repeupler le jardin et le parc en sélectionnant quelques spécimens rares et races inusuelles comme le chien Komondor, reconnaissable à ses longues mèches blanches ; le Nez Noir du Valais, un mouton blanc à la face noire ; le cygne noir d’Australie ; l’oie de Guinée et la Poule Soie originaire de Chine, toutes deux appréciées pour la beauté de leur plumage ; le paon blanc et le dindon royal. « Un jour, nous souhaiterions réinvestir les anciens bâtiments de ferme pour en faire une ferme pédagogique dédiée aux enfants. Nous trouvons très importante cette osmose entre le patrimoine, la nature et les animaux », confie Olivier.



 → Retrouvez l’article sur la restauration des écuries de la Ferté-Imbault en intégralité dans le n°222 de la revue de la Demeure Historique.

Prix François Sommer, Prix Fondation Mérimée – Belle Main et Prix Dendrotech – Appels à candidatures prolongés jusqu’au 10 août 2022


PRIX FRANÇOIS SOMMER
30 000 €

Le Prix François Sommer est un soutien financier accordé à un propriétaire de monument historique, public ou privé, classé ou inscrit, pour des travaux de restauration en lien avec la chasse et la nature. Il peut concerner des décors (peinture murale, bas-reliefs, vitraux, etc.) ou un édifice (pigeonnier, écurie, vivier, chenil, etc.).

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.


PRIX FONDATION MÉRIMÉE – BELLE MAIN
15 000 €

Le Prix Fondation Mérimée – Belle Main a pour objet d’encourager un projet de restauration de qualité sur un objet mobilier qui est protégé au titre des monuments historiques ou qui présente un intérêt historique et/ou scientifique certain et forme un ensemble cohérent avec le monument historique, privé ou public, au sein duquel il est conservé.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Au moins deux devis pour la restauration de l’objet mobilier

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.


PRIX DENDROTECH
5 000 €

La société Dendrotech offre une expertise en dendrochronologie en vue de la restauration ou de la mise en valeur d’éléments en bois au sein d’un monument historique (bâtiment, jardin ou parc), classé ou inscrit, ou susceptible de l’être.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

Les dossiers de candidature complets doivent être envoyés par WeTransfer au plus tard le 10 août 2022 à minuit à : communication@fondation-merimee.org

Lancement des appels à candidatures pour nos bourses d’études 2022-2023

BOURSE D’ÉTUDES MÉTIERS D’ART DE LA RESTAURATION

La bourse d’études a vocation à soutenir l’émergence de jeunes talents dans une grande variété de métiers d’art et de spécialités de restauration (sculpture, peinture, dorure, taille de pierre, ébénisterie, ferronnerie…). Elle pour objet d’encourager plusieurs étudiants pour la poursuite d’une année d’étude (niveau Master) et de faciliter leur insertion professionnelle.

Elle s’adresse aux étudiants de moins de 35 ans qui poursuivent leur formation en Ile-de-France.

Cette bourse est remise grâce au soutien du Crédit Agricole d’Ile–de-France Mécénat.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.


BOURSE D’ÉTUDES RECHERCHE

La bourse d’études a pour objet d’encourager et de soutenir les étudiants doctorants dont le sujet de thèse peut aborder aussi bien l’histoire de l’architecture que les techniques de construction et de conservation des monuments historiques, ou encore la théorie, les principes fondateurs et les doctrines rattachées à la restauration du patrimoine, en France ou en comparaison avec l’étranger.

Peut faire acte de candidature toute personne de moins de 40 ans titulaire au minimum d’un diplôme de niveau Master (bac +5) et poursuivant une thèse auprès d’une école doctorale ou autre établissement d’enseignement français pour l’année 2022-2023.

Cette bourse est remise grâce au soutien de la Compagnie des Architectes en Chef des Monuments Historiques.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

Les dossiers de candidatures complets doivent être envoyés par WeTransfer au plus tard le 15 août 2022 à minuit à : communication@fondation-merimee.org

Lancement de l’appel à candidatures du Prix pour les monuments historiques vivants

PRIX POUR LES MONUMENTS HISTORIQUES VIVANTS
50 000 €

La Fondation Mérimée est heureuse d’annoncer la création d’un nouveau prix, le Prix pour les monuments historiques vivants, symbole fort des liens qui unissent la Fondation Mérimée à la Demeure Historique.

Le Prix pour les monuments historiques vivants encourage un ou plusieurs projets de restauration ou de mise en accessibilité au sein d’un monument historique privé, pour lequel le propriétaire a déjà signé une convention de mécénat affecté avec la Demeure Historique et qui par son engagement personnel œuvre à la mise en valeur et à la pérennité du monument.

Seuls les propriétaires privés ayant déjà signé au 1er juin 2022 une convention de mécénat affecté avec la Demeure Historique sont éligibles.

La dotation du prix est de 50 000 € et est issue de fonds reversés à la Demeure Historique en application des règles du mécénat affecté.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

Les dossiers de candidatures complets doivent être envoyés par WeTransfer au plus tard le 10 août 2022 à minuit à : communication@fondation-merimee.org

Deux nouveaux appels à candidatures sont lancés !

PRIX FRANÇOIS SOMMER
30 000 €

Le Prix François Sommer est un soutien financier accordé à un propriétaire de monument historique, public ou privé, classé ou inscrit, pour des travaux de restauration en lien avec la chasse et la nature. Il peut concerner des décors (peinture murale, bas-reliefs, vitraux, etc.) ou un édifice (pigeonnier, écurie, vivier, chenil, etc.).

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

PRIX FONDATION MÉRIMÉE – BELLE MAIN
15 000 €

Le Prix Fondation Mérimée – Belle Main a pour objet d’encourager un projet de restauration de qualité sur un objet mobilier qui est protégé au titre des monuments historiques ou qui présente un intérêt historique et/ou scientifique certain et forme un ensemble cohérent avec le monument historique, privé ou public, au sein duquel il est conservé.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Au moins deux devis pour la restauration de l’objet mobilier

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

Les dossiers de candidatures complets doivent être envoyés par WeTransfer au plus tard le 15 juin 2022 à minuit à : communication@fondation-merimee.org

La 2ème session d’appel à candidatures est lancée !

GRAND TROPHÉE DASSAULT HISTOIRE & PATRIMOINE
200 000 €

Deux prix et un Coup de cœur du jury sont accordés pour récompenser des restaurations exemplaires et de grande ampleur de monuments et de jardins historiques privés :

Le Grand Trophée des monuments – 100 000 €

Récompense un propriétaire privé ayant réalisé au sein d’un monument historique (immeuble ou dépendances) un programme de restauration exemplaire et de grande ampleur.

Le Grand Trophée des jardins – 60 000 €

Récompense un propriétaire privé ayant réalisé au sein d’un parc ou d’un jardin (protégé au titre des monuments historiques ou entourant un monument historique), un programme de restauration, de restitution ou de recréation exemplaire et de grande ampleur.

Le Coup de cœur du jury – 40 000 €

Parmi les dossiers de candidature au Grand Trophée des monuments, le jury peut choisir de récompenser un des candidats en lui accordant son « Coup de cœur » parce qu’il juge remarquable la qualité, l’ambition et l’histoire du projet au sein du monument historique.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

PRIX DU JEUNE REPRENEUR
25 000 €

Ce prix a vocation à encourager la reprise et la valorisation économique de monuments historiques par les jeunes générations. Il est remis avec le mécénat de Patrice Besse, de Dominique de la Fouchardière (SLA Verspieren) et de la Fondation Mérimée.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Un budget prévisionnel 2022-2026 de ou des activités développée(s) au sein du monument (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

PRIX DENDROTECH
5 000 €

La société Dendrotech offre une expertise en dendrochronologie en vue de la restauration ou de la mise en valeur d’éléments en bois au sein d’un monument historique (bâtiment, jardin ou parc), classé ou inscrit.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

PRIX SOTHEBY’S
20 000 €

Le Prix Sotheby’s, avec le mécénat de Sotheby’s France, a pour but d’encourager des travaux de restauration d’un décor intérieur de qualité situé dans un monument historique privé, classé ou inscrit.

Consulter le règlement du prix ici.

Procédure de candidature

Pièces du dossier à fournir :

♦ Le questionnaire de candidature (format PDF) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une présentation photographique (format PowerPoint) >> Modèle à télécharger ici.

♦ Une lettre de motivation à l’attention des membres du jury (format libre)

♦ Les pièces justificatives. La liste exhaustive est à consulter dans le questionnaire de candidature.

Les dossiers de candidature complets doivent être envoyés par WeTransfer au plus tard le 1er juin 2022 à minuit à : communication@fondation-merimee.org

Découvrez les lauréats 2021 du Grand Trophée Dassault Histoire & Patrimoine

En 2021, les propriétaires du château de Bournazel (Aveyron), du château de Lassay (Mayenne) et des jardins d’Ainay-le-Vieil (Cher) ont été récompensés pour l’immense travail de restauration qu’ils ont entrepris ces dix dernières années. Nous vous invitons aujourd’hui à découvrir ces chefs-d’œuvre restaurés grâce à l’obstination et la passion de leurs propriétaires. 

Le château de Bournazel, lauréat du Grand Trophée des monuments

Le château de Bournazel. Photographie : Éric Sander.

Dans un paysage verdoyant et vallonné de l’ouest aveyronnais, entre Rodez et Villefranche de Rouergue, le château de Bournazel sommeillait, laissé à l’abandon depuis plusieurs décennies. Le monument était voué à une lente disparition jusqu’au jour où Gérald et Martine Harlin décident de l’acquérir, animés par la volonté de ressusciter le lieu et de l’ouvrir au public. Lors de leur première visite, en 2006, l’aile est du château avec sa galerie inspirée de l’architecte italien Sebastiano Serlio (1475-1554) est en grande partie détruite, un seul mur se trouvant encore debout. L’aile nord, quant à elle, porte les stigmates de sa transformation au XXème siècle en maison de convalescence. « Les cheminées monumentales avaient été percées pour créer des ventilations et tous les sols d’origine avaient disparu. À l’extérieur, le jardin n’était qu’une vaste jachère et la cour était devenue un parking », se souviennent Gérald et Martine Harlin. En 2008, le couple confie à Bernard Voinchet, architecte en chef des monuments historiques, une étude et un diagnostic complet sur l’état du monument pour pouvoir lancer au plus vite les premiers travaux.

S’ensuivent quinze années de grands chantiers, au cours desquelles les propriétaires s’attachent à restaurer l’existant et également à restituer les volumes du château initial. Grâce aux huit cents éléments issus des bâtiments démolis qui ont été retrouvés sur place, l’aile nord qui abritait autrefois l’escalier d’honneur est restituée selon le principe de l’anastylose, avec l’accord de la Commission nationale des monuments historiques obtenu en 2015. En parallèle, grâce aux archives et à une campagne de fouilles archéologiques, le jardin est recréé dans son état connu entre 1542 et 1561, comprenant neuf parterres.

Pièce du château de Bournazel, entièrement remeublée.
Photographie : Éric Sander.

Aujourd’hui, le château de Bournazel accueille plus de 15 000 visiteurs à l’année. Restauré dans l’état qui était le sien à la Renaissance, le monument a également été entièrement remeublé et doté d’une collection d’objets d’art, de peintures et de sculptures datant des XVIème et XVIIème siècles. À l’emplacement des caves, un auditorium a pris place, dont l’acoustique a été étudiée spécifiquement pour jouer de la musique baroque, permettant de développer une offre culturelle intimement liée au lieu. 

Gérald et Martine Harlin, les propriétaires du château de Bournazel.
Photographie : Éric Sander.

Ainay-le-Vieil, lauréat du Grand Trophée des jardins

Forteresse construite au XIIIème  siècle, le château d’Ainay-le-Vieil est doté en 1467 d’un corps de logis et de canaux créés à partir d’un ruisseau existant. Au milieu du XIXème  siècle, ces jardins d’eau Renaissance sont complétés par un parc paysager, un potager et des chartreuses.

En 1984, une terrible tempête ravage le sud du parc qui ne laisse sur son passage qu’un amas d’arbres au sol. C’est le point de départ d’une grande campagne de travaux, initiée par Marie-Sol de La Tour d’Auvergne, alors propriétaire du château en indivision avec sa mère et ses cinq frères et sœurs. En collaboration avec le paysagiste Pierre Joyaux, la première étape a été la création de la roseraie, qui compte aujourd’hui 160  variétés de roses anciennes. S’ensuit la réhabilitation des cinq chartreuses, où Marie-Sol de La Tour d’Auvergne pense scrupuleusement chaque espace afin d’évoquer l’évolution de l’art des jardins.

À partir de 2010, les douves du château et les berges des canaux qui entourent le Grand Carré en l’Île de la Renaissance sont aussi restaurées et de nouveaux jardins sont créés. Ce chantier sera supervisé par Alexandra de La Tour d’Auvergne, paysagiste et fille de Marie-Sol.

Fruit d’une longue réflexion, la protection et la valorisation des jardins d’Ainay-le-Vieil ont nécessité trente-sept années de dur labeur. Désormais classés au titre des monuments historiques et labellisés «  Jardin remarquable  », ils attirent chaque année près de 15 000 visiteurs.

Le château de Lassay, Coup de cœur du jury

Une première forteresse est construite à Lassay dès le XIème siècle mais celle que l’on connaît aujourd’hui date de 1458. Si depuis 1823 le monument s’était transmis sans grandes difficultés par héritage dans la même famille, les ravages provoqués par la tempête de 1999 avaient rendu son entretien très problématique. Son état s’est ainsi progressivement détérioré jusqu’à mettre gravement en péril le château. C’est alors qu’Aymeri et Cecilia de Montalembert décident de reprendre les rennes  : « ce contexte a précipité la transmission en 2014 et conduit à une sortie d’indivision dans le but d’enclencher les premiers travaux d’urgence. Nous anticipions à l’époque l’effondrement imminent de la charpente d’une des huit tours qui, de surcroît, surplombait la voie publique. C’était un cas de force majeure et un pari car nous ne disposions que des fonds suffisants pour la première intervention, » précise Cecilia. 

Le château de Lassay et ses quatre tours restaurées.
Photographie : Pascal Beltrami.

Dès la première année, ils sécurisent les accès autour du château et lancent les travaux. De juin 2014 à mai de l’année suivante, la tour qui menaçait ruine se voit ainsi dotée d’une charpente entièrement neuve car rien ne pouvait être sauvé de la précédente. Très vite, un désordre structurel est identifié sur le châtelet d’entrée, nécessitant une nouvelle intervention d’urgence. Ce désordre était dû à l’adjonction d’une aile d’habitation au XVIIème siècle qui, après sa suppression au XIXème, a eu pour effet de fragiliser le châtelet d’entrée. À partir de 2015, les travaux s’enchaînent : les deux tours du châtelet d’entrée sont restaurées, le pont-levis est remplacé, le portail d’entrée de la cour d’honneur est remis en place, les parties du château touchées par la mérule sont traitées et, pour finir, la restauration d’une nouvelle tour est achevée en 2020. 

Pour Aymeri et Cecilia de Montalembert, l’objectif est à terme que le château crée son propre écosystème et parvienne à une relative autonomie économique sans tomber dans la muséification ou la mise en exploitation commerciale. Aidés par l’association des Amis du château de Lassay, ils s’attachent à créer une vie culturelle qui participe au rayonnement du monument : concerts, expositions, reconstitutions historiques, etc.

Avant-après d’une tour restaurée.
Photographies : E. Bellet et Pascal Beltrami.