Dès sa création en 2008, la Fondation Mérimée a voulu soutenir le maintien et le développement des savoir-faire liés aux monuments historiques. Ainsi, chaque année, elle aide les futurs restaurateurs du patrimoine en attribuant des bourses d’études à des étudiants se formant aux métiers d’art de la restauration. Depuis 2009, ce sont plus de 300 000 euros qui ont été attribués à 110 étudiants.
Après plus de quinze années d’existence, nous sommes très heureux que ce programme de bourse d’études perdure et assure à de nombreux étudiants, en situation parfois précaire, un soutien financier essentiel à la poursuite de leurs études. Nos bourses leur permettent de se consacrer pleinement et sereinement à leur dernière année d’études et favorisent leur insertion professionnelle en contribuant à l’achat de matériel professionnel souvent coûteux.
Au cours de l’année scolaire 2024-2025, la Fondation Mérimée a accompagné sept étudiantes en dernière année de master à l’Institut national du patrimoine (Inp). Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir leurs projets de fin d’études, qui illustrent toute la richesse et la diversité des techniques et métiers d’art anciens.
Pour son projet de fin d’études, Adeline Delauve a choisi de restaurer un « rolling pin », objet décoratif en verre que les marins avaient coutume d’offrir à leur famille avant de partir en mer. Ce rolling pin a été réalisé en Angleterre dans la seconde moitié du XIXe siècle et provient des collections de l’Hydro-Musée maritime de Saint-Malo. Brisé en cinquante-huit fragments, le défi de cette restauration a été de réassembler les morceaux, puis de combler les lacunes.
« Voir l’objet retrouver son unité au fil des collages a été le moment le plus marquant de mon travail de restauration. J’ai également retiré les résidus d’anciens rubans adhésifs qui gênaient la lecture du décor et, au fur et à mesure que j’avançais, je retrouvais la lisibilité et l’esthétique de l’objet. »
Mathilde Waroquier a travaillé sur une commode du XVIIIe siècle conservée à la Maison de l’armateur au Havre. De style Transition, la commode présentait divers désordres : fentes dans le bois, décollements de la marqueterie et pertes importantes de matière.
« Mon intervention a d’abord consisté à refixer, à l’aide d’adhésifs réversibles, les éléments structuraux et décoratifs décollés ou fragilisés. J’ai consolidé et comblé les fentes, puis restitué les lacunes de la marqueterie afin de rétablir la lecture du décor. Un travail de mise en teinte et de retouche a ensuite permis d’harmoniser mes restitutions avec l’ensemble. Enfin, j’ai terminé par un nettoyage des bronzes afin de mettre en valeur leur dorure originelle, ce qui a permis de retrouver l’équilibre esthétique de la commode. »
Quitterie de Charette a consacré sa dernière année d’études à la restauration d’un fragment de peinture murale illustrant l’Offrande de Joachim refusée, datée vers 1200-1225. Cette peinture provient de l’église Notre-Dame du Vieux Pouzauges, en Vendée, où elle a longtemps été masquée aux yeux du public car elle avait été recouverte de badigeons blancs de chaux. Ce sont des sondages effectués en 1948 qui ont permis de redécouvrir la peinture.
L’humidité présente dans le mur avait toutefois partiellement endommagé la peinture qui, pour être protégée, a donc été déposée du mur en 1950 et fixée sur une toile fine.
« Avec l’accord de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Pays-de-la-Loire, j’ai d’abord procédé au retrait de l’ancien support en toile afin de replacer la peinture murale sur un nouveau support, rigide et stable, choisi pour épouser parfaitement les contours de la peinture. Ensuite, j’ai procédé au nettoyage du décor pour retirer tous les résidus sur la surface, complété par la pose d’un enduit minéral proche de l’enduit original. Pour finir, j’ai réalisé des retouches colorées pour éviter que les lacunes trop nombreuses n’empêchent la lecture de la composition. En septembre 2025, l’œuvre restaurée a été restituée à l’hôtel de ville de Pouzauges où elle sera conservée tant que les problèmes d’humidité n’auront pas été résolus dans l’église d’où elle provient. »
Sarah Fernandes a restauré un modèle réduit en bois d’une machine à vapeur du vaisseau Algésiras, conservé au musée de la Marine, à Paris. Il a été conçu par l’ingénieur Henry Dupuy de Lôme entre 1853 et 1855 et était mis en mouvement lors de démonstrations destinées aux élèves officiers de l’arsenal de Toulon. Toutefois, son mauvais état de conservation ne permettait plus aujourd’hui de faire fonctionner les différents mécanismes.
« Mes interventions ont eu pour objectifs de stabiliser les altérations évolutives, d’améliorer la lisibilité de l’objet et de restituer les éléments essentiels à la compréhension de la machine. Cette œuvre doit être prochainement exposée au musée national de la Marine à Port-Louis dans une exposition consacrée à Henry Dupuy de Lôme et intégrera ensuite le parcours d’exposition permanent du musée. C’est un joli destin pour cette maquette de machine à vapeur qui n’avait encore jamais été exposée. »
Mélusine Gaugler-Lucas s’est consacrée à la restauration d’un masque de costume « Egungun » appartenant au musée du quai Branly – Jacques Chirac, à Paris. Ce type de masque est porté au Nigéria par l’ethnie Yoruba à l’occasion de cérémonies de danse en hommage aux ancêtres. Les danseurs qui les portent lors des cérémonies évoquent les défunts et symbolisent leur retour parmi les vivants. Composés d’un ensemble de tissus et de broderies de paillettes, les masques se caractérisent par une profusion de couleurs et de tissus agencés en différentes couches qui évoluent dans l’air au gré des mouvements de danse.
« Les textiles présentaient de nombreuses altérations dues à l’usage, au stockage ainsi qu’à une infestation d’insectes. L’enjeu de mes interventions de consolidation était de permettre une remise à la verticale du masque pour qu’il puisse être exposé sur un mannequin. Outre son nettoyage, j’ai notamment dû combler les lacunes du textile impacté par le développement d’insectes avec l’ajout d’un tissu en velours de polyester. »
Julie Cormier a restauré un manuscrit du XVIe siècle, Horographia [signifiant « l’art des cadrans »], compilant plusieurs traités sur la fabrication et l’usage des astrolabes, illustré par Pierre Fontenoy, chartreux dijonnais. Ayant notamment subi des dégâts des eaux et des attaques biologiques, le manuscrit souffrait de fragilités structurelles importantes. La restauration avait pour objectif de rendre l’objet propre à la numérisation et à la consultation, ce qui était jusqu’à présent impossible compte tenu de son état très dégradé.
« J’ai consolidé le corps d’ouvrage et comblé les plus grandes lacunes avec des papiers japonais au grammage adapté à l’épaisseur du support d’œuvre. Les greffes se font au verso des pages pour que les interventions restent discrètes. C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai mené la restauration de l’Horographia et je me réjouis à la pensée que d’autres personnes pourront à nouveau parcourir ses pages. »
Durant sa dernière année à l’Institut du patrimoine, Diane Messager a restauré un écorché réalisé en 1829 par le céroplasticien Jacques Talrich. Ce mannequin anatomique grandeur nature est conservé au musée d’Histoire de la Médecine, à Paris. L’œuvre est en cire et soutenue par une armature interne en métal, qui a la particularité d’être démontable en trois parties. Elle était jusqu’alors instable, cassée, fissurée, encrassée et altérée par d’anciennes restaurations. La restauration de Diane a permis de travailler au remontage du mannequin, ainsi qu’à sa stabilisation pour lui permettre d’être à nouveau exposé.
« L’objectif de mes interventions était de traiter toutes les problématiques qui mettaient en danger l’œuvre. Il a fallu d’abord la dépoussiérer, retirer les anciens comblements de cire, recoller et consolider les différents fragments, et enfin retoucher de manière discrète l’ensemble pour redonner à l’écorché son aspect naturaliste et instructif. Ce travail fut enrichissant à tout point de vue. Retrouver les origines et le nom de cette œuvre orpheline a aussi été une étape importante, après de longues et passionnantes recherches. »
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